Place du Panthéon, ce samedi 17 janvier. Sous le regard figé de Robert Badinter dont le portrait s’affiche en grand sur le monument, une centaine de manifestants se regroupe dans un silence pesant. Puis, d’un coup, la foule relève la tête et scande d’une seule voix : «Zan, Zendegi, Azadi» (Femme, Vie, Liberté, en français). Le cri résonne dans la rue Claude-Bernard bondée avant de retomber dans un silence endeuillé. Les yeux sont rouges, les visages fermés. Derrière les lunettes de soleil, on devine les larmes.
Ce samedi après-midi, ils sont environ 5 000 selon les organisateurs, Iraniens, Franco-Iraniens et sympathisants français, à défiler dans les rues de la capitale pour soutenir le soulèvement qui secoue l’Iran depuis plus de dix jours. Un mouvement né de la flambée des prix et de l’effondrement du rial, rapidement transformé en contestation politique massive réclamant la chute du régime. Depuis le 8 janvier, la république islamique y répond par un bain de sang.




