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Lueur d'espoir

Libération d’otages : Israël et le Hamas concluent enfin un accord

Le gouvernement israélien a approuvé tard dans la nuit du mardi 21 novembre la signature d’un accord permettant la libération de 50 otages détenus depuis le 7 octobre en échange de quatre jours de cessez-le-feu et de la libération de 150 prisonniers palestiniens.

Portraits des enfants otages du Hamas disposés devant les bureaux de l'Unicef à Tel-Aviv, le 20 novembre. (Ahmad Gharabli/AFP)
Publié le 22/11/2023 à 2h08, mis à jour le 22/11/2023 à 6h30

C’est la fin de longs jours de négociations. Et vraisemblablement la fin du calvaire pour des dizaines d’otages israéliens. A l’issue d’une série de réunions cruciales s’étirant sur près de sept heures – la première avec le cabinet de guerre, suivie d’une deuxième avec le cabinet de sécurité, puis enfin une entrevue avec le gouvernement –, le gouvernement israélien a approuvé un accord finalement conclu avec le Hamas, annoncé plus tôt dans la soirée du mardi 21 novembre par le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou.

D’après le communiqué officiel, «le gouvernement a approuvé les grandes lignes de la première étape d’un accord selon lequel au moins 50 personnes enlevées – des femmes et des enfants – seront libérées pendant quatre jours au cours desquels il y aura une accalmie dans les combats». Selon le média Haaretz, qui cite une source gouvernementale, «30 enfants, 8 mères et 12 autres femmes» détenus depuis l’attaque terroriste du 7 octobre seraient relâchés par le Hamas en échange de 150 prisonniers palestiniens, au fil de ces quatre jours de cessez-le-feu. «Chaque [groupe de] dix otages supplémentaires libérés aura un jour [de cessez-le-feu] en plus», précise aussi le communiqué.

Le mouvement islamiste a confirmé dans la foulée, dans un communiqué où il détaille les clauses suivantes : cessation des offensives par les deux parties et de toutes opérations militaires israéliennes à Gaza ; entrée de «centaines» de camions apportant aide humanitaire, médicale et carburant «dans toutes les zones» de l’enclave, dans le Nord comme dans le Sud ; l’échange de 50 femmes et mineurs israéliens contre 150 femmes et mineurs palestiniens emprisonnés en Israël ; suspension du trafic aérien (pendant quatre jours dans le sud, et six heures par jour dans le nord de Gaza) ; libre circulation des personnes du nord vers le sud de l’enclave via l’axe routier Salah ad-Din.

Sans évoquer le nombre ou le calendrier précis des libérations à venir, le chef de l’exécutif israélien avait déclaré mardi soir qu’elles auraient lieu par étapes. Le ministre Benny Gantz a ensuite précisé que cet accord était un premier palier vers le retour à la liberté de l’ensemble des otages. Depuis le 7 octobre et l’attaque terroriste du Hamas menée en territoire israélien, près de 240 personnes sont retenues, dont 7 Français.

Le Qatar, médiateur en chef des négociations

Cela faisait des jours que le Qatar, appuyé par l’Egypte, menait les négociations, notamment avec l’administration américaine. Ce mardi matin, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, avait souligné que les discussions étaient entrées dans leur «phase finale». Nétanyahou a salué l’apport dans les tractations de Joe Biden, qui aurait permis d’«améliorer le cadre proposé […] pour inclure plus d’otages à un moindre coût».

Dans un communiqué de la Maison Blanche, le président américain s’est dit «extraordinairement heureux que certaines de ces âmes courageuses, qui ont enduré des semaines de captivité et une épreuve indicible, soient réunies avec leur famille une fois que cet accord aura été pleinement mis en œuvre». Il a également adressé ses remerciements à l’émir du Qatar Tamim bin Hamad al-Thani et au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour leur partenariat et leur action décisive dans la conduite des négociations ayant abouti à l’accord du jour.

Selon la loi israélienne, les familles de victimes du terrorisme auront vingt-quatre heures pour faire appel contre la libération de prisonniers palestiniens «avec du sang sur les mains», a précisé le porte-parole du gouvernement, Eylon Levy, lors d’un briefing organisé mardi après-midi. Si bien qu’il apparaît peu probable que les échanges d’otages et de prisonniers puissent débuter avant jeudi.

Au 46e jour de guerre entre le Hamas et Israël, Tsahal continuait ses opérations militaires dans la bande de Gaza. Le chef d’état-major, Herzi Halevi, a d’ailleurs déclaré aux soldats de réserve combattant à l’intérieur de Gaza que l’opération terrestre créait «de meilleures conditions pour le retour des otages». Selon lui, ces manœuvres exercent une pression sur le Hamas. Et le militaire de marteler : «Nous continuerons cette pression.»

Au micro de CNN, le porte-parole des forces armées israéliennes, Jonathan Conricus a affirmé que «jusqu’à ce que le gouvernement nous demande d’arrêter, nous continuerons de combattre le Hamas. Une fois l’accord entré en vigueur, nous le respecterons mais resterons très vigilants sur le terrain, du fait de nos mauvaises expériences avec le Hamas, qui avait violé en 2014 un accord international de cessez-le-feu».

«Le gouvernement israélien, l’armée israélienne et les forces de sécurité poursuivront la guerre pour ramener toutes les personnes enlevées, éliminer le Hamas et garantir qu’il n’y ait plus aucune menace pour l’Etat d’Israël depuis Gaza», a indiqué l’exécutif dans le communiqué diffusé dans la foulée de la validation de l’accord de cessez-le-feu temporaire.

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