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Vie chère

Manifestations en Iran : Ali Khamenei estime les revendications «justes» mais appelle à réprimer les «émeutiers»

Le guide suprême iranien s’est exprimé ce samedi 3 janvier sur les manifestations qui secouent le pays depuis une semaine. Ciblant d’abord la cherté de la vie, le mouvement de contestation s’est depuis élargi à des revendications politiques.

L'ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran, en juin 2024. (Office of the Iranian Supreme Leader/AP)
Publié le 03/01/2026 à 13h49

Le pouvoir iranien joue les équilibristes. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé ce samedi 3 janvier que les revendications économiques des manifestants en Iran étaient «justes» mais que les «émeutiers» devaient être «remis à leur place», au septième jour d’un mouvement de contestation. Initialement lié au coût de la vie, le mouvement est parti le 28 décembre de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique. Il s’est depuis élargi à des revendications politiques.

Au moins huit personnes ont été tuées depuis mercredi lors d’affrontements, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan officiel. L’agence de presse Mehr a rapporté samedi la mort d’un membre des forces de sécurité, tué «à l’arme blanche et par balles» dans l’ouest de l’Iran.

Au pouvoir depuis 1989, l’ayatollah Khamenei s’est exprimé devant des fidèles rassemblés à Téhéran à l’occasion d’une fête chiite. «Les autorités du pays le reconnaissent, le président et d’autres responsables de haut rang s’efforcent de résoudre ce problème, a-t-il déclaré. C’est pourquoi les commerçants ont protesté contre cette situation, et c’est tout à fait juste.» «Nous dialoguons avec les manifestants […] mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers. Ces derniers doivent être remis à leur place», a toutefois affirmé le guide suprême.

Des manifestations dans plus d’une vingtaine de villes

La contestation touche ou a touché, à des degrés divers, au moins 25 villes différentes, selon un comptage de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Essentiellement de taille moyenne, ces villes sont situées dans l’ouest et le sud-ouest de l’Iran où des dégradations et des affrontements ont été rapportés. Depuis le début des protestations, le pouvoir joue à la fois sur l’apaisement, reconnaissant des «revendications légitimes» liées aux difficultés économiques, et sur la fermeté face à toute tentative de déstabilisation.

L’agence de presse iranienne Fars a fait état de rassemblements vendredi dans plusieurs quartiers populaires de Téhéran, qui compte environ 10 millions d’habitants. Samedi, jour férié, la situation semblait calme avec des rues quasi-désertes dans la capitale.

Ces protestations restent de moindre ampleur que celles qui avaient secoué l’Iran fin 2022 après la mort en détention de Mahsa Amini, cette jeune femme arrêtée par la police des mœurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. En 2019, des manifestations avaient aussi éclaté après l’annonce d’une envolée du prix de l’essence. La contestation avait alors touché une centaine de villes, notamment Téhéran, et fait des dizaines de morts.

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