Voici une nouvelle confirmation que le premier bilan officiel de la répression du mouvement de contestation qui a secoué l’Iran au début du mois de janvier, dévoilé par le régime mercredi 21 janvier, est mensonger et sous-estimé. Ce lundi, l’organisation américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a attesté la mort de 5 848 personnes, dont 5 520 manifestants, 77 mineurs, 209 membres des forces de sécurité et 42 passants. Des chiffres qui devraient encore s’alourdir, l’ONG ayant précisé qu’elle enquête sur 17 091 autres possibles décès.
Depuis la fin du soulèvement, à la mi-janvier, les ONG de défense des droits humains multiplient leurs tentatives d’établir des bilans de la terrible répression orchestrée par les autorités iraniennes. Un travail de vérification lourdement ralenti par la coupure d’Internet instaurée le 8 janvier par le régime des mollahs et toujours partiellement en vigueur. Ce lundi, l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks a dénoncé une décision visant précisément, selon elle, à «masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils».
Plus de 40 000 arrestations
Une première estimation de HRANA, fondée sur des réseaux installés dans le pays, avait estimé à 4 560 le nombre de morts. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a, elle, confirmé la mort de 3 428 manifestants, disant cependant craindre que le chiffre réel atteigne 25 000 morts. La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, affirme pour sa part que plus de 36 500 personnes ont été tuées, citant notamment des documents classifiés et des sources sécuritaires.
Reportage
Les chiffres, qui sont bien supérieurs aux 3 117 décès annoncés par les autorités iraniennes, tranchent avec les déclarations du colonel Mehdi Sharif Kazemi. Dimanche 25 janvier, le commandant de l’unité spéciale de police a affirmé auprès de l’agence iranienne Mehr que ses effectifs avaient utilisé «des moyens non létaux afin de garantir la sécurité de la population et d’éviter tout meurtre».
Dans son dernier bilan, HRANA fait aussi état de l’arrestation d’au moins 41 283 personnes. A l’encontre des «accusés et les principaux instigateurs des émeutes», le chef du pouvoir judiciaire a promis dimanche des procès «au plus vite», et «sans la moindre clémence».




