Menu
Libération
Répression

Manifestations en Iran : il n’y aura aucune «clémence» pour les «instigateurs des émeutes», avertit le régime

Plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées dans le pays lors du mouvement de contestation qui a ébranlé la République islamique en janvier.

Des manifestants iraniens, le 9 janvier 2026 à Téhéran. (AP)
Publié le 25/01/2026 à 18h42

On n’en attendait pas moins du régime des mollahs. Le chef du pouvoir judiciaire iranien a promis ce dimanche 26 janvier des procès «au plus vite» contre les manifestants arrêtés lors du mouvement de contestation ayant secoué la République islamique, et des punitions «sans la moindre clémence» pour ceux qui seront reconnus coupables.

«Le peuple exige à juste titre que les accusés et les principaux instigateurs des émeutes et des actes terroristes et violents soient jugés au plus vite», a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï, cité par l’agence Mizan, l’organe du pouvoir judiciaire.

Promettant «la plus grande rigueur» dans les enquêtes, il a aussi estimé que «la justice implique de juger et de punir sans la moindre clémence les criminels qui ont pris les armes et tué des personnes, ou commis des incendies criminels, des destructions et des massacres».

Selon des organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées au cours de ce mouvement de contestation du pouvoir, qui a fait des milliers de morts début janvier.

«Aveux forcés»

Pendant les manifestations, la télévision d’Etat avait diffusé plusieurs vidéos mettant en scène le chef du pouvoir judiciaire interrogeant lui-même des manifestants arrêtés, faisant craindre aux défenseurs des droits humains des «aveux forcés».

Les ONG basées à l’étranger ont dénoncé une répression sanglante, tout en peinant à consolider leur bilan à cause de la coupure générale d’Internet toujours en cours dans le pays. Plusieurs témoignages ont notamment décrit des forces de sécurité tirant à balles réelles sur les manifestants.

Mais le commandant de l’unité spéciale de police, le colonel Mehdi Sharif Kazemi, a assuré ce dimanche qu’«en vérité, la police n’a eu recours à aucune arme à feu». «Nous avons utilisé des moyens non létaux afin de garantir la sécurité de la population et d’éviter tout meurtre», a-t-il prétendu selon l’agence Mehr, évoquant «des moyens de dissuasion tels que des canons à eau, des lanceurs de paintball et des véhicules équipés de systèmes sonores pour gérer la foule».

Une thèse totalement contredite par une enquête publiée ce dimanche par le New York Times. Vidéos à l’appui, le quotidien américain atteste de tirs à balles réelles sur les manifestants «dans au moins 19 villes [iraniennes] et dans au moins six quartiers différents de Téhéran début janvier».

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique