Le 1er janvier à Istanbul, une foule dense couvrait le pont de Galata, qui enjambe la Corne d’or. Filmée sous tous les angles par les drones et les télévisions des médias pro-gouvernementaux, parsemée d’immenses drapeaux turcs, accompagnée par des dizaines de navires, elle s’était rassemblée à l’appel du fils du président turc, Bilal Erdogan. La manifestation, autorisée dans ce lieu central et photogénique alors que les rassemblements de l’opposition y sont régulièrement interdits, était censée se tenir en soutien aux habitants de Gaza, mais c’est un tout autre sujet qui a passionné la presse turque : celui de la liste des participants. On a ainsi noté la présence de tels ministres, célébrités ou présidents de clubs sportifs, mais ce sont surtout les absents qui ont suscité l’intérêt. Car le rassemblement a d’abord été vu comme un moyen pour le fils cadet du leader islamo-nationaliste turc de compter ses soutiens, d’occuper le devant de la scène en profitant d’une cause populaire, et de distancer ses rivaux.
Comme lui, ils sont plusieurs, au sein du pouvoir turc, à tenter d’élargir leur influence et leur visibilité pour se positionner comme les successeurs du d




