«Je reviendrai.» Récemment condamné à un an de prison en Iran pour des «activités de propagande», le cinéaste iranien Jafar Panahi, palme d’or à Cannes, a affirmé qu’il avait l’intention de rentrer dans son pays une fois sa tournée internationale pour les oscars terminée. «Bien qu’on m’en ait donné l’opportunité, y compris lors des années les plus difficiles, je n’ai jamais envisagé de quitter mon pays pour être un réfugié», a déclaré le réalisateur d’Un simple accident ce jeudi 4 décembre depuis le Festival international du film de Marrakech, selon des propos rapportés par Variety.
«Je n’ai qu’un seul passeport, a ajouté le réalisateur. C’est le passeport de mon pays et j’ai l’intention de le garder.» Sa peine d’un an de prison a été assortie d’une interdiction de voyager de deux ans et d’adhésion à tout groupe politique ou social, a précisé son avocat, Me Mostafa Nili, lundi, ajoutant avoir l’intention de faire appel.
Interview
«Le pays où l’on vit est le meilleur endroit pour vivre, peu importent les problèmes, les difficultés, a insisté le réalisateur de 65 ans. Mon pays est l’endroit où je peux respirer, où je peux trouver une raison de vivre et où je puise la force de créer. Les problèmes auxquels l’Iran est confronté ces jours-ci sont des problèmes temporaires, , comme ceux que toute société a pu rencontrer.»
Deux séjours en prison
Le réalisateur, ours d’or à Berlin en 2015 pour Taxi Téhéran, a déjà fait deux séjours en prison. La première fois en 2010 pendant 86 jours, puis à nouveau sept mois entre 2022 et 2023. Il a été libéré après une grève de la faim. Figure de la Nouvelle Vague du cinéma iranien, il a également été interdit de sortie du territoire pendant quinze ans, jusqu’à ce qu’il puisse se rendre à Cannes en mai pour présenter Un simple accident.
Son dernier film, tourné clandestinement, raconte l’histoire de cinq Iraniens victimes de la brutalité et de l’arbitraire de la République islamique, persuadés d’avoir mis la main sur l’un de leurs anciens geôliers. Actuellement, il effectue une tournée internationale pour défendre son film dans la course aux Oscars, où il représentera la France dans la catégorie meilleur film étranger. Mais rien ne vient ébranler sa détermination : «Cette condamnation est intervenue au beau milieu de ce processus, mais je vais finir ma campagne et retournerai en Iran dès que possible ensuite.»




