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Justice

Mort de deux enfants français à Gaza en 2023 : le parquet demande une enquête pour «crime de guerre»

Le 24 octobre 2023, Janna et Abderrahim Abudaher, alors âgés de 6 et 9 ans, sont morts dans des frappes israéliennes dans le nord de l’enclave. Le parquet national antiterroriste demande l’ouverture d’une enquête.

Un Palestinien porte le corps d'un enfant après l'avoir déterré des décombres d'un bâtiment dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 31 octobre 2023. (Mahmud Hams /AFP)
Publié le 28/11/2025 à 15h06

Jacqueline Rivault, la grand-mère de Janna et Abderrahim, avait accusé le 6 juin les autorités israéliennes d’être responsable de la mort de ses deux petits-enfants à Gaza, en octobre 2023. Ce vendredi, le Parquet national antiterroriste a demandé à un juge d’instruction parisien d’enquêter pour «crimes de guerre», d’après des sources proches du dossier.

Le parquet estime en revanche qu’il n’y a «pas lieu» d’enquêter pour «génocide» ni «crime contre l’humanité», comme le demandaient la grand-mère des victimes et la Ligue des droits de l’homme (LDH) dans leur plainte.

«Deux missiles de F16 tirés par l’armée israélienne»

La plainte de 48 pages déposée par Jacqueline Rivault – habitante de Vitry-sur-Seine – retraçait les circonstances de la mort des deux enfants français. Le 24 octobre 2023, Janna et Abderrahim Abudaher, alors âgés de 6 et 9 ans, étaient logés dans une maison du nord de la bande de Gaza qui a alors été «frappée par deux missiles de F16 tirés par l’armée israélienne». Le drame a eu lieu dix-sept jours après l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.

Selon la plainte, la «violence extrême» et les «bombardements réguliers» de l’armée israélienne sur Gaza après le 7 octobre ont amené la famille à quitter son appartement le 22 octobre au soir pour se réfugier dans une autre maison familiale puis une école. Ils auraient finalement été touchés par deux missiles dans une nouvelle maison «au nord de la bande de Gaza, entre Fallouja et Beit Lahia», l’un d’entre eux entrant «par le toit et le second directement dans la chambre où se trouvait la famille».

Abderrahim serait mort «sur le coup», et Janna peu après son transfert à l’hôpital, selon la plainte. Leur mère, Yasmine Z., également blessée par les tirs, a été condamnée en 2019 pour financement du terrorisme après avoir distribué de l’argent à Gaza à des membres du Jihad islamique et du Hamas entre 2012 et 2013. S’agissant de la mort de ces deux enfants, le parquet antiterroriste n’avait jusqu’à ce vendredi 28 novembre, pas encore ouvert d’enquête.

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