La trêve reste fragile et elle doit être consolidée. Le Qatar et l’Egypte, parmi les médiateurs et garants du cessez-le-feu à Gaza, ont appelé ce samedi 6 décembre au «retrait total» des troupes israéliennes du territoire palestinien et au déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation. Autant de mesures prévues dans la deuxième phase du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
La première phase du plan prévoyait, avec l’entrée en vigueur d’une trêve le 10 octobre, la restitution des otages vivants et morts retenus à Gaza, en échange de centaines de prisonniers palestiniens détenus en Israël. Il ne reste depuis mercredi plus qu’un seul corps d’otage à Gaza, le policier Ran Gvili. Elle prévoyait aussi un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza, qui ont conservé le contrôle d’environ 50 % du territoire.
«Nous sommes à un moment critique […]. Nous ne pouvons pas encore considérer qu’il y a un cessez-le-feu, un cessez-le-feu ne peut être complet qu’avec le retrait total des forces israéliennes, [et] un retour de la stabilité à Gaza», a affirmé le Premier ministre qatari Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, lors d’une conférence à Doha samedi. «En ce moment, nous […] le Qatar, la Turquie, l’Egypte, avec les États-Unis, nous nous réunissons pour faire avancer la prochaine phase. Et cette prochaine phase est également temporaire de notre point de vue» dans l’attente d’une «solution durable».
La force internationale, priorité des priorités
La deuxième étape du plan, qui n’a pas encore été approuvée, prévoit aussi le désarmement du Hamas, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation. Des discussions sur la structure de cette force et les pays qui pourraient y participer sont en cours, a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, également présent à Doha. Israël s’oppose à la présence en son sein de forces turques, jugeant la Turquie trop proche du Hamas.
Le premier objectif de cette force doit être «de séparer les Palestiniens des Israéliens», a souligné Hakan Fidan. «Cela doit être notre objectif principal. Ensuite, nous pourrons aborder les autres questions en suspens. [...] Cela ne peut pas être la première chose à faire dans le processus», a-t-il dit au sujet du désarmement du Hamas.
Lors d’une rencontre en marge de la conférence, les chefs de la diplomatie égyptien et qatari ont appelé à «la formation rapide» de cette force de sécurité, pour «lui permettre de remplir son mandat». «Nous avons besoin de déployer cette force le plus tôt possible sur le terrain, car une partie, qui est Israël, viole le cessez-le-feu tous les jours», a dénoncé l’Egypte.
Multiples violations de la trêve
Israël a en effet bombardé à plusieurs reprises la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur de la trêve, tuant plusieurs centaines de personnes selon la défense civile locale. L’Etat hébreu assure agir en représailles à des violations du cessez-le-feu commises par le mouvement islamiste palestinien.
Le ministre égyptien a également réaffirmé que le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Egypte, dont la réouverture est prévue par l’accord de trêve, ne servirait pas «au déplacement» de la population palestinienne mais «uniquement à acheminer l’aide humanitaire et médicale». L’Egypte, le Qatar et six autres pays à majorité musulmane, ont exprimé vendredi leur «profonde inquiétude» après l’annonce par Israël qu’il allait ouvrir ce passage mais exclusivement pour sortir du territoire palestinien. Le Caire avait rapidement démenti avoir accepté une telle mesure, insistant pour que ce passage stratégique soit ouvert dans les deux sens.




