Dans le service des urgences de l’hôpital Al-Awda, à Nouseirat, dans le centre la bande de Gaza, rien de tangible n’a changé depuis l’ouverture du point de passage de Rafah, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël. Les brancards s’alignent le long des murs, les patients attendent, parfois depuis des heures, parfois depuis des jours. «Le passage a rouvert, mais où est l’aide pour nos patients ?» lâche un infirmier, en réajustant une perfusion presque vide. Dans les couloirs, Rafah reste une information lointaine, sans effet immédiat sur la survie des patients. Dans un coin, Samer, blessé aux jambes lors d’un bombardement israélien, tient dans sa main un document froissé : son nom figure sur une liste d’évacuation médicale – il a besoin d’une opération chirurgicale compliquée – qui ne comporte aucune date ou confirmation. «On attend un appel. Chaque jour. Chaque nuit. On nous dit demain, puis plus rien», déplore le trentenaire. Autour de Samer, d’autres patients murmurent les mêmes phrases, suspendus à une autorisation qui ne vient pas.
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