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Reportage

«Nous passons nos journées à trier, pas à soigner» : malgré la réouverture de Rafah, les hôpitaux gazaouis en détresse chronique

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Prévu par le dernier plan de paix, la réouverture du passage de Rafah reste strictement encadrée par Israël. Dans l’enclave, les hôpitaux peinent à soigner leurs malades, faute de matériel et quasi sans possibilité de transfert.

Israël a partiellement rouvert le poste-frontière de Rafah, entre la bande de Gaza dévastée et l'Egypte le 1er février 2026, après des mois de pressions de la part des organisations humanitaires. (AFP)
Par
Sarah Emad al-Zaq
Correspondance à Gaza
Publié le 09/02/2026 à 6h43

Dans le service des urgences de l’hôpital Al-Awda, à Nouseirat, dans le centre la bande de Gaza, rien de tangible n’a changé depuis l’ouverture du point de passage de Rafah, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël. Les brancards s’alignent le long des murs, les patients attendent, parfois depuis des heures, parfois depuis des jours. «Le passage a rouvert, mais où est l’aide pour nos patients ?» lâche un infirmier, en réajustant une perfusion presque vide. Dans les couloirs, Rafah reste une information lointaine, sans effet immédiat sur la survie des patients. Dans un coin, Samer, blessé aux jambes lors d’un bombardement israélien, tient dans sa main un document froissé : son nom figure sur une liste d’évacuation médicale – il a besoin d’une opération chirurgicale compliquée – qui ne comporte aucune date ou confirmation. «On attend un appel. Chaque jour. Chaque nuit. On nous dit demain, puis plus rien», déplore le trentenaire. Autour de Samer, d’autres patients murmurent les mêmes phrases, suspendus à une autorisation qui ne vient pas.

Depuis le lundi 2 février, quelques dizaines de Palestiniens seulement ont pu transiter dans les deux sens : des malades ou blessés évacués vers l’Egypte ou des habitants de retour après avoir reçu des soins. Selon le service de presse du gouvernement de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, environ 180 Palestiniens ont quitté la bande de Gaza en une semaine. «Il est impératif qu’Is

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