La Croix-Rouge a mis en garde samedi contre une évacuation massive de la population de Gaza-City, à l’heure où Israël durcit le siège de l’agglomération en vue d’une offensive annoncée comme majeure contre le Hamas palestinien. «Il est impossible que l’évacuation massive de la ville de Gaza puisse être menée à bien de manière sûre et digne dans les conditions actuelles», a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric. Un tel projet est «non seulement irréalisable, mais aussi incompréhensible» si Israël entend respecter les principes du droit international humanitaire, a-t-elle estimé.
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Des milliers d’habitants ont déjà fui la ville, située dans le nord du territoire, où vivent près d’un million de personnes selon les estimations de l’ONU. Après bientôt vingt-trois mois d’une guerre ayant dévasté l’enclave, l’évacuation de la ville «entraînerait un déplacement massif de population qu’aucune zone de la bande de Gaza ne serait en mesure d’absorber», a averti Mme Spoljaric. «Près d’un million de personnes vivant dans le gouvernorat de Gaza n’ont pratiquement nulle part où aller, ni même les moyens de se déplacer, a déclaré pour sa part Philippe Lazzarini, chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), vendredi. Si l’opération militaire se déroule au milieu de la population […] ce sera un désastre total.»
«Inévitable»
Malgré des pressions croissantes, tant à l’étranger qu’en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou affirme vouloir poursuivre l’offensive dans la bande de Gaza et l’ordre a été donné à l’armée de préparer un assaut généralisé sur Gaza-City. Pour le Premier ministre et ses alliés d’extrême droite, il s’agit d’en finir avec le Hamas, le mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre le 7 octobre 2023, et de ramener tous les otages enlevés ce jour-là.
Pour l’armée israélienne, qui a déclaré officiellement vendredi Gaza-City «zone de combat», en prélude à son offensive, l’évacuation de l’agglomération est «inévitable». Sur le terrain, les opérations militaires israéliennes se sont encore intensifiées samedi à la périphérie de l’agglomération.
La Défense civile de la bande de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l’autorité du Hamas depuis la prise du pouvoir du mouvement dans ce territoire en 2007, a fait état de frappes israéliennes intenses sur les quartiers de Sabra (centre) et Zeitoun (Sud-Est) et une «escalade» dans le quartier de Cheikh Radouane (Nord).




