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«Femme, vie, liberté»

Où en est la révolte en Iran ? «Un feu qui couve sous les cendres»

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Brutalement réprimées, les manifestations consécutives à la mort de Mahsa «Jina» Amini, arrêtée par la police des mœurs en 2022, se font de plus en plus rares. Mais la protestation perdure et se réinvente.

Extrait du projet «Woman, Life, Freedom», lauréat du World Press Photo, réalisé par Hossein Fatemi avec les images de 10 photographes anonymes. (Anonyme)
Publié le 30/03/2023 à 19h35, mis à jour le 01/04/2023 à 8h21

Les dernières images postées par le photographe Alireza Khatibi sur son compte Instagram montrent un groupe mixte de jeunes gens déambulant dans les ruelles ombragées du centre de Téhéran. Un air de liberté souffle sur ce quartier proche de l’université, riche en galeries d’art et petits salons de thé : les jeunes filles ont les cheveux au vent, à l’exception d’une seule qui porte, de façon assez relâchée, un foulard sur la tête. Le code vestimentaire strict qui impose aux femmes le port du hijab est pourtant toujours en vigueur. Le printemps est là, l’air est doux, la jeunesse est souriante. Ce nouvel Iran issu de la «révolution Jina» est entré, le 21 mars, dans l’année 1402.

En un an, le paysage a radicalement changé. La société a montré sa capacité de réaction face à un épisode tragique de violence institutionnelle contre les femmes : la mort des suites d’une garde à vue, le 16 septembre, de Mahsa «Jina» Amini, étudiante de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs pour «tenue inappropriée». Aux nombreuses manifestations à travers le pays, le régime religieux ultraconservateur a répondu par une vague de répression qui a provoqué des centaines de morts.

Les vacances du «norouz» (nouvel an, mais littéralement «nouveau jour» en persan) ont commencé par la fête du feu, le 20 mars, et s’achèveront le 2 avril par le traditionnel Sizdah Bedar, le pique-nique où chaque famille réunie forme des vœux de pa

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