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8 Palestiniens tués dans une opération israélienne au nord de la Cisjordanie

Au moins huit personnes ont été tuées et une trentaine blessées dans une attaque contre la région de Jénine, bastion de groupes armés palestiniens.

A Jénine (Cisjordanie), le 3 juillet. Selon les autorités palestiniennes, l'attaque aurait fait 27 blessés, dont 7 graves. (Nasser Nasser/AP)
Publié le 03/07/2023 à 11h29, mis à jour le 03/07/2023 à 13h43

Au nord de la Cisjordanie occupée depuis 1967, la région et la ville de Jénine sont de nouveau sous le feu de l’armée israélienne. Au moins huit personnes ont péri dans une opération annoncée dans la nuit du dimanche 2 juillet au lundi 3 juillet par Tsahal, qui a déclaré frapper des «cibles» dans un territoire qui sert selon elle de centre de commandement à la «brigade de Jénine», un groupe militant local. Selon un communiqué, l’action visait notamment «une infrastructure terroriste» et un «centre d’opérations conjointes». «La ville de Jénine et le camp de Jénine sont actuellement une zone de combats», ont précisé les militaires.

Dans un autre communiqué publié en milieu de matinée, l’armée affirme que des échanges de tirs se poursuivent dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Les forces israéliennes y ont visé «un site de production d’armes et de stockage d’engins explosifs», a précisé l’armée.

«Les gens savaient que nous allions probablement entrer, mais la méthode de frappe aérienne, notre cible se trouvant en plein cœur du camp, les a pris par surprise», a affirmé à des journalistes le lieutenant-colonel Richard Hecht, porte-parole des militaires. «Nous agissons contre des suspects en particulier», a-t-il ajouté, assurant que l’armée, qui utilise des drones, fait son possible pour épargner la population civile. «Il y a des bombardements aériens et une invasion terrestre. Plusieurs maisons et sites ont été bombardés […]. De la fumée s’élève de partout», décrit de son côté Mahmoud al-Saadi, le directeur du Croissant-Rouge palestinien à Jénine.

Pour les Palestiniens, le bilan est lourd. En plus de leurs morts, les autorités recensent 50 blessés, dont dix se trouvent dans un état critique. Dans un autre incident, «un homme a été tué par les balles de l’occupant [israélien] à l’entrée nord d’al-Bireh, près de Ramallah», selon le ministère palestinien de la Santé. D’après un communiqué de l’armée israélienne, un «soldat a été légèrement blessé par des éclats de grenade de l’armée lors de l’opération de Jénine et hospitalisé.»

Le gouvernement très contesté de Benyamin Nétanyahou, le plus à droite de l’histoire d’Israël, a justifié cette opération. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a défendu une «approche proactive» face au terrorisme. Quant au ministre des Affaires étrangères, il a assumé de frapper «avec une grande force» Jénine, «plaque tournante du terrorisme». Des «attaques terroristes contre des civils» israéliens ont été fomentées dans le camp de Jénine, a déclaré à des journalistes Eli Cohen. «Nous frappons (cette) plaque tournante du terrorisme avec force», a-t-il ajouté.

Le mouvement palestinien du Jihad islamique a déclaré dans un communiqué que «toutes les options sont sur la table pour frapper l’ennemi en réponse à son agression à Jénine». Ismaïl Haniyeh, le chef du mouvement islamiste palestinien Hamas, a qualifié de «brutale» l’incursion israélienne.

Bastion de groupes armés palestiniens et théoriquement placée sous le contrôle de l’Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas, la région est régulièrement le théâtre de raids de Tsahal et les affrontements y sont fréquents. En juin, sept personnes dont deux jeunes de 15 ans ont été tuées lors d’une attaque contre un camp de réfugiés adjacent à la ville. Pour la première fois depuis 2002 et la deuxième intifada, des missiles avaient été tirés depuis un hélicoptère, selon un responsable palestinien.

Mis à jour à 13h43 avec nouveau bilan.

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