Un référendum pour garantir le droit de porter le voile, dans un pays qui l’a longtemps banni des administrations publiques, de l’armée et de l’université. «Si tu as le courage, viens, soumettons ceci au référendum. Que la nation prenne la décision», a lancé ce week-end Recep Tayyip Erdogan à l’endroit du chef du principal parti de l’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kiliçdaroglu. Celui-ci avait initialement proposé une loi pour garantir le droit de porter le voile : un appel du pied visant à attirer à lui l’électorat conservateur du chef de l’Etat.
La question provoque des remous en Turquie, pays à majorité musulmane mais ayant inscrit la laïcité dans sa constitution. Alors qu’Erdogan se bat pour sa réélection au prochain scrutin présidentiel, prévu pour la fin du printemps 2023, il a fait mention d’une disposition anti-LGBT dans le texte qu’il compte soumettre au référendum, visant à «renforcer la protection de la famille», sans donner plus de détails. «Une famille forte veut dire une nation forte. Est-ce qu’il peut y avoir des LGBT dans une famille forte ? Non, a-t-il vigoureusement martelé. En tant que représentant de la volonté du peuple, protégeons notre nation des attaques des courants déviants et pervers.»
Crispation autoritaire
Ces derniers mois, les mesures liberticides et les jugem