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Célébrations

Pour Noël, Bethléem en berne et les Ukrainiens à l’heure occidentale

Haut lieu du christianisme, la cité de Bethléem, en Cisjordanie occupée, a annulé la majeure partie des célébrations du 25 décembre en raison de la guerre à Gaza, tandis que Kyiv a décidé de ne plus fêter Noël le 7 janvier afin de se démarquer de l’Eglise orthodoxe russe.

Face à la basilique de la Nativité de Bethléem, une œuvre d’art évoquant la guerre à Gaza été installée en lieu et place de la crèche grandeur nature et du colossal sapin : Marie et Joseph, des statues grises, au milieu d’un fatras de débris et de tôles, derrière des barbelés. (Shigeo Tao/The Yomiuri Shimbun via AFP)
Publié le 25/12/2023 à 9h12

Les célébrations de Noël à Bethléem, en Cisjordanie occupée, sont assombries par la guerre à Gaza, a déploré le pape François, tandis que les Ukrainiens fêtent pour la première fois Noël le 25 décembre, au diapason des Occidentaux et en signe de défi à la Russie. «Notre cœur, ce soir, est à Bethléem, où le prince de la paix est encore rejeté par la logique perdante de la guerre, avec le fracas des armes qui, aujourd’hui encore, l’empêche de trouver une place dans le monde», a lancé le pape lors de la messe de Noël dimanche à la basilique Saint-Pierre, au Vatican.

Haut lieu du christianisme, la cité de Bethléem – où est né Jésus Christ, selon la tradition – a été désertée cette année par les pèlerins. La ville a d’ailleurs annulé la majeure partie des célébrations de Noël en raison des combats dans la bande de Gaza. Face à la basilique de la Nativité, une œuvre d’art évoquant le conflit en cours a été installée en lieu et place de la crèche grandeur nature et du colossal sapin : Marie et Joseph, des statues grises, au milieu d’un fatras de débris et de tôles, derrière des barbelés.

La guerre entre le Hamas et Israël a été déclenchée le 7 octobre par l’attaque terroriste de commandos du Hamas sur le sol israélien qui a fait environ 1 140 morts, en majorité des civils, d’après les autorités israéliennes. Le Hamas affirme de son côté que plus de 20 400 personnes, en majeure partie des civils, ont péri depuis le début du conflit.

Les Ukrainiens ne fêtent plus Noël le 7 janvier

Près de deux ans après le début de l’invasion de leur pays par la Russie, les Ukrainiens orthodoxes ont participé à des services religieux dès dimanche soir pour célébrer Noël le 25 décembre, en même temps que le monde occidental, en signe de défi vis-à-vis de Moscou.

«Nous prions pour la fin de la guerre. Nous prions pour la victoire», a lancé le président Volodymyr Zelensky. «Pour la paix, pour la justice», a-t-il poursuivi devant un majestueux monastère qui abritait jusqu’à fin 2022 le primat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne dépendante de Moscou.

C’est la première fois dans l’histoire moderne de l’Ukraine que les croyants orthodoxes fêtent Noël le 25 décembre avec les catholiques, mais aussi les orthodoxes grecs, roumains et bulgares, et non le 7 janvier du calendrier civil comme il était de tradition jusque-là. L’Eglise orthodoxe russe a en effet gardé pour les fêtes religieuses l’ancien calendrier julien, décalé de treize jours.

En juillet, Volodymyr Zelensky avait officialisé ce déplacement des célébrations de Noël une décision qui fait partie d’une série de mesures prises par l’Ukraine pour se distancier de la Russie.

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