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Qui est Ran Gvili, le dernier otage à Gaza dont le corps a été retrouvé ce lundi par l’armée israélienne ?

La dépouille du policier, tombé au combat en défendant le kibboutz Aloumim le 7 octobre 2023, a été identifiée ce lundi et doit être rapatrier en Israël. Ce retour devrait permettre une réouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Egypte.

Ran Gvili, âgé de 24 ans, mort durant l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. (Hostages and Missing Families Forum/AP)
Publié le 26/01/2026 à 15h31, mis à jour le 26/01/2026 à 18h38

Le corps de Ran Gvili, le dernier otage israélien retenu à Gaza, a été retrouvé et sera rapatrié pour être inhumé en Israël, a annoncé ce lundi 26 janvier l’armée israélienne. Le retour de sa dépouille devrait permettre une réouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Egypte, seule porte de sortie du territoire palestinien sans passer par Israël et passage crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire. Mais Israël a déjà précisé que cette réouverture serait partielle, uniquement réservée aux «piétons et soumis à un mécanisme complet d’inspection israélien», a annoncé dans la nuit le bureau de Benyamin Nétanyahou.

Le bureau du porte-parole de Tsahal a affirmé qu’«après avoir mené à bien le processus d’identification […] les représentants de l’armée israélienne ont informé la famille de l’otage, feu Ran Gvili, que leur proche avait été identifié». «Ainsi, toutes les personnes enlevées dans la bande de Gaza ont été rapatriées», a souligné le bureau. «Nous pouvons enfin dire : “Il n’y a plus d’otages”», s’est réjoui le Forum des familles en début de soirée. Parallèlement, l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa a annoncé que, dans le respect des termes de l’accord, «neuf prisonniers palestiniens de Gaza sont arrivés il y a peu à l’hôpital avec les équipes de la Croix-Rouge après avoir été libérés par l’occupation [Israël]»

Le «défenseur d’Aloumim»

Ce policier tombé au combat en défendant le kibboutz Aloumim le 7 octobre 2023 durant l’attaque du Hamas, était le dernier otage israélien dans la bande de Gaza. Agé de 24 ans, ce sous-officier passionné de moto et membre de Yassam, une unité d’élite de la police, dans la région désertique du Néguev, était en arrêt maladie le jour de l’attaque, dans l’attente d’une opération à l’épaule, selon sa famille.

Vivant dans la petite ville de Meitar (sud) avec ses parents, le jeune homme décide de sortir de chez lui avec son arme personnelle pour rejoindre son unité quand il comprend que celle-ci se porte au-devant des combattants du mouvement islamiste palestinien infiltrés en Israël. Surnommé le «défenseur d’Aloumim», il est blessé dans des combats devant ce kibboutz à moins de 5 kilomètres de la bande de Gaza.

«Nous avons été blessés tous les deux», a raconté à la chaîne de télévision publique KAN le colonel Guy Madar, présent à son côté devant l’entrée du kibboutz Aloumim, théâtre de combats ayant opposé selon son témoignage des défenseurs israéliens en nombre très inférieur à une quarantaine d’assaillants palestiniens. Cet officier de l’armée, le dernier à l’avoir vu, raconte qu’ils se sont séparés après avoir été blessés.

Il faudra plusieurs mois avant que les autorités israéliennes annoncent en janvier 2024 aux parents que le jeune policier avait été tué le 7-Octobre et son corps emmené dans la bande de Gaza pour servir d’otage.

«Là pour tout le monde»

«Le 7-Octobre […] il a couru pour aider, pour sauver des gens […] alors même qu’il était déjà blessé. Mais c’était Rani [son surnom, ndlr], courant toujours de l’avant, le premier à aider et le premier à se jeter dans l’action», a dit son père Yitzik Gvili, lors d’un entretien avec l’AFP en décembre.

Agile de ses mains, le jeune homme profitait de son congé maladie pour effectuer des travaux dans la maison familiale. Son père se souvient l’avoir vu travailler devant la maison avec un ouvrier palestinien de Gaza, quelques jours avant l’attaque du Hamas. «Il est parti le premier et revient le dernier», répète sa mère, Talik Gvili, lors des événements organisés à travers le pays pour exiger son retour avant le passage à la phase 2 du plan américain pour Gaza.

Un de ses amis proches, Emmanuel Ohayon, a décrit Ran Gvili comme «un homme de grande stature physique, mais aussi doux et agréable». «Lorsqu’il entrait dans une pièce, on sentait sa présence — non pas à cause de sa taille, mais parce qu’il savait être là pour tout le monde», a ajouté Emmanuel Ohayon samedi soir, lors du rassemblement hebdomadaire à Meitar pour demander son retour.

Le 7 octobre 2023, au cours de l’attaque du Hamas ayant déclenché la guerre de Gaza, 251 personnes, dont 44 déjà mortes, ont été emmenées pour servir d’otages. Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité. Avec le retour en Israël de la dépouille de Ran Gvili, tous les captifs sont désormais rentrés.

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