Les représentants des vingt-sept états de l’Union européenne ont convenu ce jeudi 29 janvier d’ajouter le corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) iranien à la liste des «organisations terroristes» européenne. «Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant les Gardiens de la révolution iraniens comme organisation terroriste», s’est félicitée la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. «La répression ne peut rester sans réponse. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens court à sa perte», a-t-elle ajouté.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué jeudi la décision des Etats membres de l’UE : «‘’Terroriste’’, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang», a martelé la cheffe de l’exécutif européen sur le réseau social X.
Analyse
Les Européens rejoignent ainsi d’autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie. La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression «la plus violente» de l’histoire récente iranienne.
Cette décision politique doit encore être traduite concrètement sur le plan juridique, avant un accord formel lors d’un prochain conseil des ministres européen qui permettra l’inscription.
En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé que l’Europe commettait une «erreur stratégique majeure» avec cette initiative, l’accusant «d’attiser les flammes» des tensions au Proche-Orient.
Gel des avoirs et interdictions d’entrer en Europe
Quelques heures plus tôt ce jeudi, l’UE a aussi annoncé avoir sanctionné plusieurs hauts responsables iraniens, dont le ministre de l’Intérieur et des dirigeants des Gardiens de la révolution, à la suite de la répression meurtrière des manifestations en Iran ces dernières semaines.
D’après une liste publiée au Journal officiel de l’UE, sont notamment sanctionnés le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni et le procureur général de l’Iran, Mohammad Movahedi-Azad. Y figurent aussi le chef de la police Seyed Majid Feiz Jafari et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution, organisation considérée comme le bras armé de la répression qui a fait des milliers de morts.
Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.




