Menu
Libération
Reportage

«Sur le terrain, le mouvement existe toujours» : à Nasiriyya en Irak, des élections législatives sur les cendres des soulèvements

Réservé aux abonnés

Dans le cœur névralgique des mobilisations de Tichrine en 2019, l’élection des parlementaires qui doit avoir lieu mardi 11 novembre, se déroule dans un climat d’apathie et de défiance.

A Nasiriyya, le 5 novembre 2025, quelques jours avant les élections législatives. (Charles Thiéfaine/Libération)
ParIris Lambert
correspondante à Bagdad (Irak)
Publié le 10/11/2025 à 15h14

A l’angle d’une ruelle bosselée, le visage figé de Hamza Kamal Jabber accroche le regard des passants. Son portrait, imprimé sur une plaque métallique plantée dans la terre sèche, veille sur quelques lettres qui, à l’initiative des habitants, ont rebaptisé ce fragment de ville «Rue des martyrs de la révolution d’octobre». Le 28 novembre 2019, en plein soulèvement de Tichrine – une révolte civile portée par une jeunesse excédée par la corruption des élites et le manque de services publics – Hamza, habillé d’un tee-shirt sur lequel on pouvait lire «nous avons besoin d’un pays», se trouvait sur le pont Zeitoun. En plein centre de Nasiriyya, ville historiquement rebelle de près 600 000 habitants qui chevauche l’Euphrate dans le sud de l’Irak. Il tentait d’avertir ses amis du danger à venir, lorsque deux rafales d’AK-47, actionnées par les forces de sécurité, lui ont pulvérisé le dos.

«Hamza est mort sur le coup», rapporte Abbas Kamel Jabber d’une voix calme, assis droit dans son costume dans le coin de son salon. Voilà six ans que ce jeune militant de 28 ans, employé d’une compagnie pétrolière, tente de faire reconnaître la responsabilité du gouvernement dans la mort de son frère, ainsi que celle d’environ 600 man

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique