La tension monte encore d’un cran. L’armée syrienne a commencé ce mercredi 7 janvier dans l’après-midi à bombarder à l’artillerie les deux quartiers kurdes de la ville d’Alep, dans le nord du pays, selon des journalistes sur place. Plus tôt dans la journée, les forces syriennes avaient décrété que ces quartiers seraient considérés comme une «zone militaire» à partir de 13 heures (heure de Paris) et établi deux «couloirs humanitaires», que des milliers de civils ont empruntés pour fuir avant l’heure butoir. Beaucoup étaient chargés de bagages et certains ont quitté la ville en pleurs.
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Les affrontements entre les forces gouvernementales qui tiennent la ville d’Alep et des combattants kurdes retranchés dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh ont éclaté mardi et fait neuf morts. Ils sont les plus violents entre le pouvoir syrien et les forces kurdes, qui ont échoué jusqu’à présent à appliquer un accord signé en mars prévoyant l’intégration des institutions de l’administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.
«Une guerre génocidaire» contre les Kurdes
L’armée avait prévenu que «toutes les positions des Forces démocratiques syriennes [FDS, dominées par les Kurdes, ndlr] dans les quartiers d’Achrafieh et Cheikh Maqsoud constitueront une cible légitime» après 13 heures. Une haute responsable kurde, Elham Ahmed, a accusé les autorités syriennes de mener «une guerre génocidaire» contre les Kurdes, les appelant à «résoudre les problèmes à travers le dialogue».
Face aux violences, les autorités avaient déjà décidé mardi soir de suspendre pour vingt-quatre heures tous les vols de l’aéroport et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux à Alep, deuxième ville de Syrie. Au cours de la guerre civile (2011-2024), Alep avait déjà connu de violents combats avant que les forces du président Bachar al-Assad reprennent le contrôle des quartiers tenus par les rebelles fin 2016, provoquant l’exode d’une partie de leurs habitants.
Parallèlement aux bombardements de ce mercredi, les forces de sécurité kurdes ont annoncé avoir «déjoué une tentative d’infiltration à l’aide de chars» de l’armée syrienne en direction des quartiers kurdes. Les autorités syriennes ont pour leur part accusé les forces kurdes de bombarder des zones sous leur contrôle. Le représentant de l’autorité autonome kurde à Damas, Abdel Karim Omar, a démenti tout bombardement depuis les quartiers kurdes, soulignant qu’ils sont tenus par les forces de sécurité intérieures kurdes (Assayish) «qui ne disposent que d’armes légères».
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En avril, des centaines de combattants des FDS s’étaient retirés des deux quartiers kurdes, en vertu d’un accord conclu avec Damas, laissant sur place les Assayish. Les Kurdes, une importante minorité ethnique en Syrie, contrôlent de vastes étendues dans le nord-est du pays, riches en pétrole et en blé. Soutenues par les Etats-Unis, les FDS ont été le fer de lance de la lutte contre l’Etat islamique, défait en Syrie en 2019.




