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Cibles

Syrie : au moins cinq membres de l’Etat islamique tués dans des frappes américaines

Une semaine après l’attaque qui a tué deux militaires américains et un interprète, Donald Trump a annoncé vendredi soir de «très lourdes représailles» contre le groupe terroriste EI, auxquelles a participé la Jordanie.

Photo de l'armée américaine prise depuis un lieu tenu secret le 19 décembre 2025 montrant un A-10 Thunderbolt II de l'US Air Force sur une base située dans la zone de responsabilité du Centcom. (-/AFP)
Publié le 20/12/2025 à 9h25, mis à jour le 20/12/2025 à 12h29

Au moins cinq membres du groupe Etat islamique ont été tués dans les frappes menées par les Etats-Unis, a recensé ce samedi 20 décembre l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), après une attaque qui a coûté la vie à deux militaires américains et un interprète il y a près d’une semaine.

Parmi eux, figure «le chef d’une cellule» chargée des drones dans la zone, a précisé le responsable de l’ONG Rami Abdel Rahman, ajoutant qu’ils ont été tués dans la province de Deir Ezzor (est).

Participation de la Jordanie

De son côté, la Jordanie a confirmé samedi avoir participé aux frappes menées par les Américains, selon un communiqué de l’armée. Cette opération a visé à «empêcher les organisations extrémistes d’exploiter» le sud de la Syrie pour lancer des attaques «menaçant la sécurité de ses voisins et de la région», a expliqué l’armée jordanienne.

Donald Trump a déclaré vendredi que le groupe Etat islamique était ciblé par de «très lourdes représailles» en Syrie. «Nous frappons très fort contre des bastions de l’EI», a écrit le président américain sur Truth Social, peu après que le Pentagone a annoncé le début d’une opération «massive».

L’armée américaine a débuté une opération en Syrie pour «éliminer des combattants du groupe Etat islamique, des infrastructures et des sites d’armement», a fait savoir sur X le chef du Pentagone, Pete Hegseth. Il s’agit d’une «réponse directe» et d’une «déclaration de vengeance» après l’attaque de samedi dernier, a-t-il ajouté, en affirmant : «Aujourd’hui, nous avons traqué et tué des ennemis. Beaucoup d’ennemis. Et nous allons continuer.»

Des avions de chasse, des hélicoptères et de l’artillerie ont frappé «plus de 70 cibles à de multiples endroits dans le centre de la Syrie», a précisé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Il a précisé que l’opération avait débuté à 16 heures de Washington (22 heures, heure française) et que «plus de 100 munitions de précision» avaient été employées contre des positions du groupe Etat islamique.

Tirs dans le désert

Les frappes ont été menées dans le désert près de la ville de Homs et dans des zones rurales près de Deir Ezzor et Raqqa, a affirmé à l’AFP une source sécuritaire syrienne.

Aux explosions ont succédé «des éclats de tirs de calibre moyen dans le désert» au sud-ouest de Raqqa, a déclaré un responsable de la province, ajoutant qu’il s’agit de zones sous le contrôle du gouvernement syrien.

Ce dernier «réitère son solide engagement à combattre l’EI et à s’assurer qu’il ne bénéficie d’aucun refuge sur le territoire syrien», a affirmé le ministère syrien des Affaires étrangères dans une déclaration publiée sur X peu après les frappes américaines, sans toutefois les mentionner directement.

Le Centcom affirme que depuis l’attaque de samedi dernier contre ses troupes, «les Etats-Unis et leurs forces alliées ont mené 10 opérations en Syrie et en Iraq, aboutissant à la mort ou au placement en détention de 23 terroristes».

Coalition internationale antijihadiste

L’homme qui a tué trois Américains dans la région désertique de Palmyre a été identifié comme étant un membre des forces de sécurité syriennes. C’est la première fois qu’un tel événement est rapporté en Syrie depuis la prise du pouvoir, il y a un an, d’une coalition islamiste qui a effectué un rapprochement avec les Etats-Unis.

Le groupe jihadiste Etat islamique avait contrôlé la région de Palmyre avant d’être défait en Syrie par une coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques. Le mois dernier, lors de la visite à Washington du président intérimaire syrien, Ahmed al-Charaa, Damas avait rejoint la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis.

Les forces américaines en Syrie sont notamment déployées dans les zones sous contrôle kurde dans le Nord, ainsi que dans la base d’Al-Tanf, près de la frontière jordanienne.

Le retour au pouvoir de Donald Trump, sceptique de manière générale sur les déploiements de soldats américains à l’étranger, pose la question du maintien de cette présence militaire. Le Pentagone avait annoncé en avril que les Etats-Unis réduiraient de moitié le nombre de soldats américains en Syrie, dont l’effectif total actuel n’est pas officiellement connu.

Mise à jour à 12 h 29 avec la participation de la Jordanie.

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