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Affrontements

Syrie : l’armée assure avoir achevé son opération à Alep, les forces kurdes démentent la fin des combats

Depuis le début de semaine, les affrontements ont fait plus de 20 morts dans la deuxième ville du pays, bastion des forces kurdes. Les Etats-Unis appellent à une «reprise du dialogue».

Des habitants évacuent le quartier de Sheikh Maksoud, ce samedi 10 janvier 2026. (Khalil Ashawi/Reuters)
Publié le 10/01/2026 à 15h56

La situation est très incertaine. Les forces armées syriennes ont annoncé ce samedi 10 janvier avoir bouclé leur opération dans le dernier bastion kurde d’Alep, la deuxième ville de Syrie. Ce que les Kurdes ont démenti dans la foulée.

Dans une déclaration à l’agence officielle de presse syrienne Sana, l’armée syrienne a fait ainsi état de «l’arrêt de toutes les opérations militaires dans le quartier de Cheikh Maqsoud, à partir de 15 heures (13 heures à Paris)», après avoir déjà repris le quartier d’Achrafieh. Le communiqué ajoute que les combattants kurdes vont être «transférés» vers la ville de Tabaqa, localité située dans le nord-est de la Syrie et contrôlée par les Kurdes.

«Ces allégations sont totalement fausses», n’ont pas tardé à réagir les combattants kurdes, qui au contraire assurent continuer à se battre et repousser «une violente attaque».

Un correspondant de l’AFP situé à l’extérieur de ce quartier a pour sa part fait état de coups de feu sporadiques entendus après l’annonce de la fin de l’opération par l’armée syrienne.

Plus de 150 000 personnes évacuées

Depuis mardi 6 janvier, les combats violents entre les forces gouvernementales syriennes et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes qui contrôlent des quartiers du nord d’Alep, ont fait au moins 21 morts.

Environ 155 000 personnes ont été déplacées à cause de ces combats, pour la plupart des habitants des quartiers kurdes.

Vendredi, comme les jours précédents, l’armée avait permis aux civils désireux de fuir d’emprunter deux «couloirs humanitaires» pour fuir les quartiers kurdes. Damas avait promis d’acheminer les convois de civils en toute sécurité vers les zones contrôlées par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) dans le nord-est du pays.

Ces combats, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les FDS au sein du nouvel Etat.

Avant ces annonces contradictoires de l’armée syrienne et des forces kurdes, Elham Ahmed, haute responsable de l’administration kurde syrienne, n’avait pas exclu un retrait des combattants kurdes. «La partie gouvernementale cherche, par ces attaques, à mettre fin aux accords conclus. Nous y sommes attachés et nous nous efforçons de les mettre en œuvre», a-t-elle fustigé vendredi. Pour elle, un retrait ne sera accepté qu’en cas d’un maintien d’une «protection kurde locale» pour les habitants des quartiers kurdes.

De son côté, l’émissaire américain pour la Syrie a exhorté ce samedi après-midi le gouvernement syrien et les autorités kurdes au calme après avoir rencontré le président Ahmed al-Charaa. «Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à cesser immédiatement les hostilités et à reprendre le dialogue conformément aux accords» de mars et avril 2025 conclus entre le gouvernement et les Forces démocratiques syriennes (FDS) - les forces dirigées par les Kurdes -, a écrit Tom Barrack sur les réseaux sociaux.

Mise à jour à 17 h 15 avec l’ajout de la déclaration de l’émissaire américain.
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