«Mahmoud Abbas ? Il nous considère comme des chiens.» Haytham ne mâche pas ses mots. Et les autres jeunes du camp de Chatila, avec qui il dispute une partie de football dans une cour jonchée d’ordures, enclavée entre deux immeubles délabrés, ne le contredisent pas. «Il va venir ici ?» relance l’un d’eux. «Jamais, reprend Haytham. Il ira au palais présidentiel et prendra des décisions sans même nous voir.» Mercredi 21 mai marquait la première visite en neuf ans du président de l’Autorité palestinienne au Liban, où vivent encore un peu moins de 500 000 réfugiés palestiniens, dont la moitié dans des camps, selon l’agence onusienne UNRWA. Lors de cette visite, Mahmoud Abbas a évoqué les armes circulant dans les camps palestiniens avec son homologue libanais, Joseph Aoun. Les deux hommes ont affirmé dans une déclaration conjointe que «l’ère des armes échappant au giron de l’Etat libanais était révolue». «Et les conditions de vie ici, Abbas en parlera une autre fois», commente Taha, un jeune qui joue les gardiens de but. A Chatila,
Reportage
«Tout le monde nous a oubliés» : pour les réfugiés palestiniens au Liban, Mahmoud Abbas ne fait plus autorité
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En visite à Beyrouth ce mercredi 21 mai, Mahmoud Abbas a évoqué le contrôle des armes dans les camps palestiniens. A Sabra et Chatila où les factions islamistes gagnent en popularité, les réfugiés restent plongés dans la misère et l’angoisse de l’épuration ethnique à Gaza.
Les présidents du Liban et de l'Autorité palestinienne, Joseph Aoun et Mahmoud Abbas, au palais présidentiel libanais, à Baabda, le 21 mai. (Anwar Amro /AFP)
Publié le 22/05/2025 à 11h31
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