Poker menteur pour obtenir mieux, intransigeance ou derniers détails à régler ? Alors que les Américains affichent leur confiance ces dernières heures sur la conclusion d’un accord de trêve à Gaza, le Hamas ne cesse de refroidir ces espoirs. «Dire qu’on approche d’un accord de trêve est une illusion», a déclaré ce samedi 17 août un haut responsable du mouvement islamiste palestinien. «Nous ne sommes pas face à un accord ou à de véritables négociations, mais plutôt face à l’imposition de diktats américains», a dénoncé dans une déclaration ce membre du bureau politique du Hamas, Sami Abou Zohri, fustigeant «un énorme retour en arrière» lors de pourparlers jeudi et vendredi à Doha entre les pays médiateurs, Etats-Unis, Qatar et Egypte, et les Israéliens.
Pour leur part, les négociateurs israéliens ont exprimé auprès du Premier ministre de l’Etat hébreu, Benyamin Nétanyahou, «un optimisme prudent quant à la possibilité d’avancer sur un accord sur la base de la dernière proposition américaine», selon un communiqué du bureau du chef de l’Etat israélien publié ce samedi soir. «Il y a de l’espoir que l’importante pression des Etats-Unis et des médiateurs sur le Hamas permettra de lever son opposition à la proposition américaine» qui, ajoute le texte, «comprend des éléments acceptables par Israël».
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Après deux jours de négociations dans la capitale qatarie, les Etats-Unis ont présenté vendredi une proposition remaniée d’accord pour un cessez-le-feu à Gaza. «Je pense que nous avons une chance», a souligné Joe Biden devant des journalistes vendredi soir, se disant «optimiste». Un accord n’a «jamais été aussi proche», a insisté le président américain, qui a également appelé toutes les parties à ne pas «saper» les négociations. Son objectif serait l’obtention d’un accord d’ici à la fin de la semaine prochaine, selon le média américain Axios.
Son secrétaire d’Etat, Antony Blinken, s’envole ce samedi pour Israël afin de chercher «à conclure un accord» sur la base de la nouvelle proposition, selon le département d’Etat. Il devrait s’entretenir en personne avec le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
Cette version remaniée s’appuie sur une feuille de route présentée par le président Biden fin mai, prévoyant dans une première phase une trêve de six semaines accompagnée d’un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza et de la libération d’otages israéliens en échange de celle de prisonniers palestiniens.
La discussion «ne va pas vers un accord»
Mais vendredi soir, des responsables du Hamas, qui ne participait pas aux discussions mais en était informé, avaient déjà rejeté de «nouvelles conditions» israéliennes. La nouvelle mouture intègre les «conditions de l’occupant [israélien] et ne va pas vers un accord», a déclaré à l’AFP un cadre du mouvement, sous couvert de l’anonymat. Parmi les conditions israéliennes rejetées par le Hamas, un autre responsable du mouvement islamiste a cité le «maintien de troupes» israéliennes le long de la frontière de Gaza avec l’Egypte et «un droit de veto» sur les prisonniers palestiniens susceptibles d’être échangés contre des otages.
Les médiateurs - Etats-Unis, Qatar et Egypte - ont annoncé la reprise des pourparlers la semaine prochaine au Caire, après la présentation vendredi à Doha d’un nouveau compromis en vue de la «mise en œuvre» d’un accord sur un cessez-le-feu.
Mise à jour : à 19h23, avec l’ajout de la déclaration du bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.




