Pour l’ultra-droite, après l’arrivée de Georgia Meloni à la tête de l’Italie en 2022, c’est un nouvel allié de poids sur la scène européenne. La présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, et le président de la Hongrie, Viktor Orbán, ont félicité jeudi 23 novembre Geert Wilder, le leader du parti néerlandais d’extrême droite PVV (Parti de la Liberté) arrivé largement en tête des élections législatives de mercredi.
Entretien
«Geert Wilders et son mouvement sont des alliés du Rassemblement national», a rappelé Marine Le Pen, interrogée ce jeudi matin sur France Inter. Pour elle, cette victoire électorale, qui ouvre une très longue période de négociations en vue de la formation d’un gouvernement «démontre que de plus en plus de pays au sein de l’Union européenne contestent son fonctionnement, et il y a vraiment de quoi, et souhaitent que l’on puisse à nouveau maîtriser une immigration qui est considérée, par beaucoup de peuples européens, comme massive et totalement anarchique.»
Si Wilders semble avoir triomphé dans les sondages, il n’est pas sûr qu’il parvienne à former une coalition de gouvernement. Les dirigeants des trois autres principaux partis ont assuré qu’ils ne participeraient pas à une coalition dirigée par le PVV.
Viktor Orbán sur Wind of Change de Scorpions
Un peu plus tôt, Marine Le Pen avait posté un message sur X (anciennement Twitter) pour insister sur la «performance spectaculaire» du Parti de la Liberté : «Félicitations à @geertwilderspvv et au PVV pour leur performance spectaculaire aux législatives qui confirme l’attachement croissant à la défense des identités nationales. C’est parce qu’il est des peuples qui refusent de voir s’éteindre le flambeau national que l’espoir du changement reste vif en Europe.» Même son de cloche pour son rival d’extrême droite Eric Zemmour, qui honore sur X le résultat de Geert Wilder : «Comme @Reconquete_off, il a fait de la lutte contre l’islamisation et le grand remplacement de son pays une priorité. C’est une urgence pour l’Europe toute entière.»
En Italie, le leader du parti d’extrême droite La Ligue, Matteo Salvini, ne tarit pas non plus d’éloges pour qualifier ces élections, s’affichant dans une photographie tout sourire aux côtés du vainqueur : «Félicitations à mon ami @geertwilderspvv, leader du PVV et allié historique de la Ligue, pour cette extraordinaire victoire électorale. Une nouvelle Europe est possible : rendez-vous le dimanche 3 décembre à Florence», a-t-il déclaré en référence à un sommet européen de l’ultra-droite organisé par son parti, où Marine Le Pen a été invitée.
The winds of change are here! Congratulations to @geertwilderspvv on winning the Dutch elections! pic.twitter.com/yh9LVcuP5J
— Orbán Viktor (@PM_ViktorOrban) November 22, 2023
De son côté, le Premier ministre hongrois, dont le parti Fidesz vient de lancer une consultation nationale visant l’Union européenne et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est réjoui, vidéo de Scorpions à l’appui, d’un «vent de changement» en Europe. Le groupe de rock allemand avait écrit leur tube en 1989 après la chute du Mur de Berlin pour saluer à la fois la fin de l’ère communiste en URSS et l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir.
«Ce résultat est le signe d’un vent mauvais»
«C’est la conséquence de toutes ces inquiétudes, de toutes ces craintes qui se manifestent en Europe depuis plusieurs années», notamment la «crainte face aux flux migratoires», a réagi Bruno Le Maire, ministre de l’Economie français, au micro de Franceinfo. «Ça se traduit par des poussées extrémistes partout en Europe : c’est Vox en Espagne, c’est l’AfD en Allemagne, et c’est le parti de Geert Wilders aux Pays-Bas. Après, les Pays-Bas ne sont pas la France», a-t-il poursuivi.
Plusieurs élus européens, dont le député Raphaël Glucksmannn, ont partagé leur inquiétude quant à l’issue de cette élection. «On a tout raté», a-t-il déclaré sur le plateau de Télématin, invitant à «prendre conscience de la gravité du moment qu’on est en train de traverser». Déplorant la campagne «contre les musulmans, contre l’immigration, mais aussi contre le pacte vert européen, la transition écologique et pour un référendum de sortie des Pays-Bas de l’Union européenne» de Geert Wilders, Raphaël Glucksmann a rappelé la nécessité de «sauver l’Union européenne, […] en danger» selon lui. «En France nous avons (au -) 2 Wilders, le temps presse», a également averti l’eurodéputée écologiste Karima Delli sur X.
🔴🗣 "L'Union européenne est en danger de mort interne et externe. Poutine est en train de gagner son pari"
— Telematin (@telematin) November 23, 2023
Raphaël Glucksmann déplore la victoire de l'extrême droite de Geert Wilders aux Pays-Bas. #Les4V @rglucks1 pic.twitter.com/aJELbJ5Yg5
«Une période très difficile commence pour les musulmans», s’est alarmé Muhsin Köktas de l’organisme de contact pour les musulmans et le gouvernement néerlandais, auprès de l’agence de presse néerlandaise ANP. Dans la même veine, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a rappelé sur X les «idées racistes, xénophobes, antimusulmanes et europhobes» de Geert Wilders. «Ce résultat est le signe d’un vent mauvais», a-t-il ajouté.
Selon les sondages, le PVV (Parti de la Liberté) néerlandais a remporté 35 sièges sur 150, une victoire considérée comme très confortable dans une chambre basse particulièrement morcelée. L’alliance gauche-écologistes de Frans Timmermans est deuxième avec 25 sièges, tandis que le VVD de centre-droit a remporté 24 sièges.




