Menu
Libération
Bilan

Plus de 70 000 morts à Gaza : des officiels de l’armée israélienne s’alignent sur les chiffres du ministère de la Santé dirigé par le Hamas

Tsahal continue toutefois d’affirmer que ces informations «ne reflètent pas [ses] données officielles».

Après une frappe qui a tué quatre Palestiniens, dans la ville de Gaza, le 22 janvier. (Omar Al-Qattaa/AFP)
Publié le 29/01/2026 à 18h33, mis à jour le 30/01/2026 à 10h53

Selon différents médias israéliens, des officiels de l’armée israélienne auraient reconnu qu’environ 70 000 Palestiniens sont morts depuis le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023. Ces propos, relayés mercredi 28 janvier par le Jerusalem Post, entérine ainsi les chiffres comparables publiés par le ministère de la Santé de l’enclave palestinienne, dirigé par le Hamas. Le quotidien israélien Haaretz confirme : «L’armée israélienne a accepté l’estimation du ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, selon laquelle environ 70 000 Palestiniens ont été tués pendant la guerre Israël-Hamas.» Tsahal a cependant tenu à spécifier auprès de Libération ce vendredi matin : «L’armée israélienne précise que les informations publiées ne reflètent pas [ses] données officielles. Toute publication ou rapport sur ce sujet seront diffusés par les voies officielles et habituelles.»

Dans son dernier compte rendu publié mercredi, les autorités sanitaires de Gaza faisaient état d’au moins 71 667 Palestiniens tués par des tirs ou des frappes de l’armée israélienne depuis deux ans et trois mois. Des données déjà considérées comme fiables par l’ONU. Mais ce chiffre est sans doute sous-estimé, n’incluant pas les Gazaouis disparus dont les dépouilles pourraient être enfouies sous les décombres.

De son côté, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou n’a jamais repris de tels chiffres à son compte, et reste silencieux que la presse a relayé les propos venus de ses forces armées. Tsahal conteste néanmoins le fait que l’immense majorité des victimes soient des civils, comme l’avancent l’ONU et plusieurs organisations internationales. Pour l’armée, environ 30 % des morts sont des «terroristes du Hamas», soit 25 000 personnes. En août, plusieurs médias, dont deux israéliens, affirmaient toutefois que 83 % des personnes tuées à Gaza étaient des civils.

De plus, selon l’armée israélienne, de nombreux morts peuvent être directement imputés à des tirs de roquettes lancées par le Hamas, dont «13 % ont manqué leur cible» jusqu’au début de l’année 2024. D’après The Jerusalem Post, Tsahal travaille désormais à une estimation plus précise concernant le nombre de personnes tuées par le mouvement islamiste palestinien, sans qu’aucune date de ce rapport ne soit toutefois annoncée.

Désaccords sur les allégations de famine

Autre désaccord entre l’armée israélienne et le ministère de la Santé du Hamas : pour Tsahal, aucune personne en bonne santé n’est morte de faim dans l’enclave depuis le début du conflit, alors qu’à l’inverse, les organisations internationales font, elles, état d’environ 450 décès dus à la famine. En août, un groupe d’experts mandaté par l’ONU avait ainsi décrété dans un rapport officiel que certaines zones de l’enclave palestinienne étaient entrées dans un état de famine. Ces chiffres sont un «mélange de fausses statistiques» ou incluent des personnes souffrant de graves problèmes de santé en amont de la guerre, soulignent les interlocuteurs du Jerusalem Post. Selon le média, des contre-argumentations plus détaillées devraient être transmises à titre confidentiel à la Cour internationale de justice courant mars.

Et si plusieurs responsables de l’armée israéliennes admettent l’existence d’une crise «d’insécurité alimentaire» à l’été 2025, ces derniers assurent avoir agi en conséquence, et suffisamment, afin d’éviter tout risque de famine. Selon Tsahal, durant toute la guerre, 112 000 camions d’aide ont été acheminés à Gaza, transportant notamment 1 700 000 tonnes de vivres.

Mise à jour le 30 janvier à 10 h 53 avec les précisions de l’armée israélienne.

Dans la même rubrique