Dans le quartier de Wellampitiya, au nord de Colombo, deux hommes vêtus d’une combinaison en plastique se démènent pour frotter le sol d’un hangar, samedi 6 décembre. Une semaine après le passage du cyclone Ditwah, qui a fait plus de 600 morts dans l’île, une bouillie marron, mélange de feuilles de thé noir et de boue, leur résiste toujours. Dehors, six registres aux pages gondolées tentent péniblement de sécher sur des tables au soleil. C’est tout ce que Nishan, le gérant de cet entrepôt d’un exportateur de thé, a pu sauver : «On a perdu 80 % de nos biens, au moins 12 millions de roupies», soit environ 33 000 euros.
Son hangar est à quelques centaines de mètres des berges, encore mouvantes, de la rivière Kelani, qui est brusquement sortie de son lit, fin novembre, gonflée par les pluies torrentielles. Dans ce quartier inondable, 70 % de la population vit sous le niveau de la mer. Nishan a l’habitude des crues mais jamais il n’aurait pensé voir l’eau monter si haut. Sur les murs blancs et humides, un




