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Récit

Ukraine: Poutine s’accroche à ses lignes rouges, l’Europe au pied du mur

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Si rien n’a filtré des discussions à la frontière bélarusse, le président russe a maintenu lundi au téléphone avec Emmanuel Macron ses exigences irréalistes.

Les délégations russe et ukrainienne, lundi à la frontière bélarusse. (Sergei Kholodilin/AP)
Publié le 28/02/2022 à 21h18

A quoi bon discuter quand on peut cogner ? Cinq jours après avoir déclenché l’assaut contre l’Ukraine en pleine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Vladimir Poutine et son armée ont récidivé lundi, avec un sens du timing qui confirme le mépris du Kremlin pour le dialogue et la diplomatie. Alors qu’au Bélarus, les délégations russe et ukrainienne entamaient des pourparlers, de violents bombardements et affrontements secouaient Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine. Et au moment même où les émissaires des deux belligérants se quittaient sur la promesse incertaine de se retrouver «bientôt» pour «un second round», Kiev était secoué par de très puissantes explosions. Poussant la population, ainsi que notre envoyé spécial, notre correspondant, notre photographe et leur traducteur, à se réfugier en urgence dans le métro de la capitale ukrainienne.

De plus en plus isolée, prise dans un étau de sanctions économiques qui ne cesse de se resserrer, la Russie ne montre pour l’heure aucune volonté de désescalade, en dépit de ces négociations de façade entamées lundi sur le territoire de son vassal bélarusse. Pour mener la délégation russe, le Kremlin avait d’ailleurs désigné un conseiller de Poutine, Vladimir Medinski, second couteau à la réputation discutable, ancien ministre de la Culture et critique littéraire ultranationaliste, qui qualifiait il y a quelques jours l’Ukraine de «fantôme historique». Face à lui, Kiev avait dépêché le ministre ukrainien de la Défe

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