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Débat

Sur France 2, Le Pen tente de se positionner en première opposante à Macron

... sans succès.

Marine Le Pen en compagnie de la journaliste Léa Salamé sur le plateau de "L'Emission politique" sur France 2, à Paris le 19 octobre 2017 (Photo Philippe LOPEZ. AFP)
Publié le 20/10/2017 à 2h32

La présidente du Front national et ex-candidate à la présidentielle, Marine Le Pen n’a pas été très présente dans les médias ces derniers mois. Le parti d’extrême droite est pourtant censé être la première force d’opposition au gouvernement depuis mai, une place qu’il croit lui revenir depuis l’accession de sa championne au second tour de la présidentielle.

Mais entre-temps, il s'est surtout montré englué dans des guerres de pouvoir internes, qui ont vu le numéro 2 et ancien responsable de la stratégie frontiste, Florian Philippot, se faire éjecter du parti après des semaines d'affrontement. Le FN a aussi lancé entre temps une «refondation» nécessaire, avec un séminaire mi-juillet, dont il n'est pas ressorti grand-chose, à part que Marine Le Pen y a réaffirmé une ligne «ni droite ni gauche» puis le lancement d'une consultation interne à l'attention des adhérents FN, dont on devrait connaître le contenu début novembre. Puis, il est prévu un congrès «refondateur», le 11 mars 2018, à Lille.

Sur France 2, ce jeudi soir, presque six mois après un débat d’entre-deux-tours catastrophique contre Macron - Marine Le Pen y est apparue extrêmement agressive et très brouillon, elle a reconnu une nouvelle fois ce jeudi soir que ce rendez-vous avait été «raté» -, l’enjeu était pour elle de se représenter auprès des Français comme une dirigeante politique apte à diriger la France, tout au plus capable de gérer un parti qui se veut «premier de France».

Avant le rendez-vous, l'un des porte-parole du parti d'extrême droite, Sébastien Chenu, l'avait présenté ainsi : «montrer combien nous sommes la seule véritable opposition à Macron». Petit problème pour Marine Le Pen, personne, parmi les leaders politiques actuels, n'a accepté de débattre avec la dirigeante frontiste. Seul Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, ex-maire de Tourcoing et ex-porte-parole de Nicolas Sarkozy, a relevé le «défi». Avant lui, Bruno Le Maire ou l'ancien Premier ministre Manuel Valls, et le LR Laurent Wauquiez avaient décliné l'invitation.

Ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot a pris le rôle d’«invité mystère» de la chaîne, pour parler féminisme, sans que l'échange n'ait fait émerger quoique ce soit de concret d’une part comme de l’autre.

Là où elle avait une carte à jouer, face à Darmanin, Marine Le Pen a semblé aussi peu convaincante qu’en mai face de Macron, agressivité en moins.

Deux moments à noter cependant : la dirigeante frontiste a justifié son augmentation de salaire de présidente du Front national de 2 000 euros, passé de 3 000 euros net mensuels à 5 000 euros en juillet (une augmentation de 66 %, comme l'a noté l'AFP, d'après sa déclaration de députée du Pas-de-Calais) comme un non sujet. «Je n'ai pas de salaire, je ne touche pas de salaire comme présidente du FN, c'est un remboursement forfaitaire de frais», a-t-elle dit. 

Au sujet de la sortie de l’Euro, question qui a agité le parti pendant des semaines (le départ de Philippot, qui avait fait de d’idée l’alpha et l’oméga de la stratégie frontiste, en fait partie), elle a dit : «nous allons voir», une façon de mettre en marge une fois de plus la question qui, selon plusieurs cadres du FN, a participé à la débâcle présidentielle, car trop clivante chez les Français, et pas assez identitaire pour le parti qu'elle dirige.

Enfin, interrogée sur Logan Nisin, militant d'ultradroite arrêté la semaine dernière pour projet d'attentat contre des mosquées et des personnalités politiques, et qui a participé à la campagne du FN aux dernières législatives, ce qui laisserait supposer une porosité entre ces milieux et Front National, Marine Le Pen a répondu : «S'il y a bien un procès qu'on ne peut pas me faire, c'est celui-là, a estimé Marine Le Pen, j'ai mené avec beaucoup de fermeté un combat visant à écarter tous ceux qui avaient une vision outrancière ou caricaturale, y compris mon propre père»

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