Un pelage vert pomme ou jaune banane, des yeux démesurés et des pattes sans griffes, un pyjama bariolé sur le dos ou un cœur de la Saint-Valentin planté sur le torse… Les nounours en peluche n’ont plus rien à voir avec les ours bruns, grizzlis et autres ours polaires qu’ils sont censés incarner. Or, ce décalage entre animaux et peluches n’aurait rien d’anodin : il participerait à déconnecter les enfants d’une nature en péril.
Telle est la thèse d’une équipe de scientifiques basés à Montpellier et investis dans des recherches en peluchologie. Saisissant la question des doudous à bras-le-corps, ces mordus de nounours ont même créé un site participatif (nounours.umontpellier.fr). «L’ours en peluche, c’est l’arbre qui cache la forêt, analyse Nicolas Mouquet, directeur de recherche en écologie au CNRS. Une personne sur deux a eu un ours en peluche dans son berceau. Ce nounours représente l’un de nos tout premiers contacts avec la nature et participe à façonner notre imaginaire du monde vivant.»




