Toute personne entrant dans un restaurant ou dans un bar aux Etats-Unis ou au Canada le sait : pour évaluer le montant de la douloureuse, il faut additionner un pourcentage, allant de 10 à 25 % du prix des mets, aux tarifs des plats et boissons commandés, afin de rémunérer le service. Bien que chaque Etat ait ses propres règles, il est d’usage pour les propriétaires de ces établissements de gratifier leurs équipes (serveurs, barmen, livreurs…) d’un montant horaire inférieur au salaire minimum et de compter sur les clients pour compléter la paye, à travers le pourboire donc. En France, où le service est inclus dans les prix indiqués à la carte et donc où les salariés sont directement rémunérés par leurs employeurs, le pourboire est d’usage lorsque le repas a été apprécié. Si, dans l’Hexagone, il représente une gratification toujours bienvenue dans un secteur aux horaires à rallonge et aux paies minimales, il est vital pour les travailleurs de «l’hospitalité» nord-américains.
Ces derniers mois, la pratique, admise de longue date, suscite outre-Atlantique une forme d’agacement voire de contestation. Le New York Times, dans un article d’avril intitulé «To Tip, Or Not to Tip ?» («Laisser un pourboire ou ne pas laisser de pourboire ?»), donne au phénomène un nom : la «tipping fatigue», c’est-à-dire le fait d’être fatigué voire exténué d’être constamm




