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Dans les cuisines de Faso-dibi, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 25 novembre.Dans les cuisines de Faso-dibi, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 25 novembre. (Mathilde Mazars/Libération)
Reportage

«C’était un plaisir que je ne pouvais avoir qu’au Mali» : en région parisienne, les dibitiers font feu de tout bois

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La viande emblématique d’Afrique de l’Ouest connaît un engouement aux portes de la capitale, porté par une nouvelle génération de restaurateurs revendiquant l’authenticité d’une cuisson lente à l’étouffée.
publié le 30 novembre 2025 à 9h10

Longtemps méconnu, le dibi s’impose aujourd’hui comme un marqueur fort du paysage culinaire francilien. Cette viande grillée au feu de bois, spécialité du Mali, est portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs originaires de ce pays d’Afrique de l’Ouest, déterminés à lui rendre sa noblesse. Son épicentre se trouve à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où l’enseigne Faso-dibi (faso signifiant en bambara «pays» ou «patrie») a allumé la première mèche. Au cœur de la cité Jean-Moulin, cette petite échoppe spécialisée dans la viande (à partir de 20 euros la barquette pour deux personnes) attire des habitués venus de toute l’Ile-de-France. Hawa, 37 ans, éducatrice spécialisée, cliente fidèle de l’Essonne, raconte que ce lieu est devenu son «petit remontant» depuis sa dernière grossesse il y a quatre ans. «Le goût, la tendresse et le côté fumé… Je n’imaginais pas le retrouver en France. Pour moi, c’était un plaisir que je ne pouvais avoir qu’au Mali.»

En cinq ans, le boui-boui est devenu un passage obligé pour les amateurs de barbaque, sa notoriété s’étendant via les réseaux sociaux et un service de livraison couvrant toute l’Ile-de-France. La diaspora malienne y joue un rôle de catalyseur, «évangélisant» selon les habitués d’autres communautés. Même l’entourage d’

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