L’embourgeoisement des buffets à volonté, l’amour des Vietnamiens d’origine pour le durian, le besoin de boire du café le matin, les origines esclavagistes de la popularité du poulet frit, l’invention des traditions ou le «gastronationalisme» : manger n’est pas anodin. Derrière chaque bouchée ou presque que l’on consomme se cache une multitude de raisons historiques, politiques, géographiques, capitalistes, familiales, etc. C’est ce que nous rappelle l’autrice Emilie Laystary, par ailleurs collaboratrice de Libé, dans Passer à table. Ce que l’acte de manger dit de nous.
Dans son ouvrage qui vient de paraître aux éditions Divergences, la critique culinaire se sert de ses années d’expérience dans le milieu de la gastronomie et de sa double origine, française et vietnamienne, pour interroger ce que l’on a dans nos assiettes et le remettre en contexte, notamment décolonial et féministe. Elle s’attache à l’importance de la transmission et revient sur ses souvenirs de jeunesse où il lui a fallu réaliser qu’avec ses parents originaires d’Asie du Sud-Est, elle ne mangeait pas pareil à la maison que ses camarades. Longtemps, elle en a ressenti une for




