Devant leur kir, Josy et Jeanne sont là en habituées. Les deux retraitées, 78 et 85 ans, sont nées à Budos. Jeanne tenait la boulangerie de ce village au milieu des vignes, dans le sud de la Gironde. Depuis, celle-ci a fermé. Il n’y a plus de commerce, à part une petite épicerie et ce restaurant aux volets bleus, L’O & Vin, à deux pas de l’église. Les deux voisines y déjeunent en tête à tête au moins une fois par mois. Uniquement le mardi midi. Ce jour-là, on y sert un menu à prix compétitif : 8,90 euros entrée-plat-dessert. Ce mardi, c’est assiette de charcuteries, côte de porc grillée et panna cotta. Le menu est unique, le choix imposé, mais pour le prix, les deux voisines ne font pas les difficiles. Et puis, elles aiment à peu près tout – «à part les abats», grimace Josy. «Avant on venait moins souvent, les prix ne nous le permettaient pas», raconte la coquette septuagénaire, ongles manucurés et pendants d’oreilles assortis à son ombre à paupières. Celle qui scrute menus et additions dépense rarement plus de 20 euros
Reportage
Pouvoir d’achat : dans les restaurants, des «menus anticrise» pour rebattre les cartes
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Afin de séduire une clientèle au pouvoir d’achat toujours plus contraint, des restaurateurs, de la Gironde à Paris, se mettent à proposer des menus à prix cassés. Les clients sont au rendez-vous, même si le concept ne fait pas forcément l’unanimité dans la profession.
Le mardi midi, les Poilvé servent jusqu’à 60 couverts dans leur restaurant de Budos (Gironde), trois fois plus qu’un service du midi habituel. (Rodolphe Escher/Libération)
Publié le 02/06/2025 à 20h22
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