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La recette du week-end

Tendre est la nuit de la pistache

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Et si demain nous entendions en France le «clic» de ce fruit quand il arrive à maturité ? En attendant, préparons un gâteau pistache citron romarin.

(Kris Kirkham)
Publié le 09/07/2021 à 10h00

C’est bien connu, tous les arbres du monde chantent. Parfois leurs feuilles froufroutent, leurs branches lancent de longues mélopées quand le vent se lève, leurs troncs gémissent ou grondent. Ils ont aussi des refrains pleureurs comme le saule. Et puis ils font de la musique avec leurs fruits, comme les chênes qui battent la mesure quand leurs glands tombent au sol.

Il est un chant que l’on espère entendre car toutes celles et ceux qui l’ont connu en parlent comme d’une pépite enchâssée dans leurs souvenirs : celui du pistachier quand ses fruits s’ouvrent. On donnerait une vie pour entendre ce bruit-là, pourquoi pas en s’endormant pour l’éternité au pied de cet arbre cité parmi les vingt-deux arbres présents dans la Bible. Entre Asie centrale, Perse et Croissant fertile, le pistachier fait entendre sa petite musique depuis des millénaires et des femmes et des hommes continuent de colporter sa voix. Comme Noha Baz dans la Nuit de la pistache, Alep, souvenirs et gourmandises (1). Médecin pédiatre, cuisinière compulsive, auteure d’une thèse sur la Transmission du goût aux enfants, elle partage son quotidien entre Paris et Beyrouth où elle soigne les enfants les plus pauvres dans le cadre de son association les Petits Soleils. Et la pistache, comme le zaatar (2), ce mélange d’épices, âme de la cuisine levantine qu’elle avait déjà raconté dans

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