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Réseaux sociaux

L’alcool encore promu par des influenceurs auprès des jeunes, dénonce Addictions France

Trois quarts des 15-21 ans voient des publicités pour de l’alcool chaque semaine sur les réseaux sociaux, selon l’association, qui plaide pour interdire ces contenus pro-alcool notamment sur Instagram.

Selon Addictions France, «79 % des 15-21 ans» voient des publicités pour de l’alcool chaque semaine sur les réseaux sociaux. (Martin Bertrand/Hans Lucas)
Publié le 09/12/2025 à 13h10

Il est «plus que temps d’interdire toute publicité en faveur de l’alcool sur les réseaux sociaux», estime Addictions France ce mardi 9 décembre, fort du constat, depuis 2024, que des influenceurs populaires auprès des jeunes continuent à y enfreindre la loi Evin.

En septembre 2024, dans un rapport intitulé «Promotion de l’alcool : les réseaux sociaux, un nouveau Far West», l’association avait annoncé avoir identifié plus de 11 300 contenus promouvant l’alcool, publiés par 802 marques d’alcool et 483 influenceurs, entre juin 2021 et janvier 2024.

Après avoir continué à scruter les réseaux sociaux, Addictions France constate que «42 % des influenceurs» repérés «continuent à promouvoir la consommation d’alcool» malgré «les messages de sensibilisation qui leur sont envoyés», précise un communiqué.

Et les décisions de justice «venues sanctionner les contenus pro-alcool publiés par plusieurs influenceurs ne semblent pas les inquiéter», ajoute l’association, financée pour cette enquête par le Fonds de lutte contre les addictions, rattaché à Caisse nationale de l’assurance maladie. «Comme en 2024, le principal moyen de contournement passe par la publication de stories, des contenus éphémères» difficiles à sanctionner, qui représentent «73 % des contenus repérés».

Face à un cadre de régulation inopérant, «il est plus que temps d’interdire toute publicité en faveur de l’alcool sur les réseaux sociaux», car aujourd’hui, «79 % des 15-21 ans» y voient des publicités pour de l’alcool chaque semaine, rapporte Addictions France.

Une vingtaine de publications retirées

La loi Evin du 10 janvier 1991, qui encadre la vente et la promotion de l’alcool et du tabac, «interdit de faire appel à des célébrités pour promouvoir l’alcool». Or, «l’alcool n’est plus perçu comme un produit à risque [dans ces publications], mais comme un produit qui procure du plaisir», alors que la loi interdit toute association avec la fête, la convivialité ou l’humour dans les publicités pour l’alcool.

En avril, le tribunal judiciaire de Paris a fait retirer à Meta (Facebook, Instagram) une vingtaine de publications émanant de treize influenceurs – dont le chef et chroniqueur télé Juan Arbeláez et l’animatrice Malika Ménard – faisant la promotion de l’alcool avaient fait l’objet de poursuites par l’association, qui avait obtenu une victoire judiciaire fin 2023.

Quelques semaines plus tôt, une proposition de loi transpartisane, soutenue dans une tribune par plusieurs personnalités politiques dont Claude Evin, des associations, des artistes et des professionnels de santé, avait été repoussée sans débat à l’Assemblée nationale.

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