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Sam Altman, pionnier de l’IA et patron d’OpenAI, brutalement viré

L’informaticien de 38 ans, à la tête de l’entreprise qui avait lancé ChatGPT il y a un an, a été évincé vendredi 17 novembre au soir par le conseil d’administration, qui lui reproche son manque «de franchise». Un séisme dans la Silicon Valley.

Sam Altman à San Francisco, le 16 novembre 2023. (Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Publié le 18/11/2023 à 8h40

Il était pourtant considéré comme une des figures de proue de l’intelligence artificielle. Sam Altman, star de 38 ans de la Silicon Valley, a été démis vendredi 17 novembre au soir, avec effet immédiat, de ses fonctions de patron d’OpenAI, qui a lancé la plateforme d’IA générative ChatGPT il y a un an. «Le départ de Sam Altman fait suite à une procédure d’examen délibératif par le conseil, qui a conclu qu’il n’avait pas toujours été franc dans ses communications avec le conseil, faisant entrave à sa capacité à remplir ses responsabilités», explique un communiqué, soulignant que cette instance n’a plus «confiance dans sa capacité à diriger OpenAI».

«OpenAI a été volontairement structuré pour faire progresser notre mission : assurer que l’intelligence artificielle profite à toute l’humanité. Le conseil reste entièrement engagé pour servir cette mission», a-t-il indiqué. Sam Altman a créé OpenAI en 2015 – initialement une fondation à but non-lucratif – dans l’idée de développer une IA qui serait «sûre et bénéficierait à l’humanité», selon les mots, toujours à prendre avec des pincettes, d’Elon Musk dans une interview au New York Times. «Nous sommes reconnaissants des nombreuses contributions de Sam à la création et à la croissance d’OpenAI. Dans le même temps, nous pensons qu’une nouvelle gouvernance est nécessaire pour avancer», a-t-il poursuivi. Mira Murati, directrice technique d’OpenAI, a été désignée pour faire l’intérim à la tête de l’entreprise en attendant que le processus en cours pour trouver un successeur permanent aboutisse. Elle y travaille depuis cinq ans.

«Ça a un peu transformé le monde»

Sam Altman, 38 ans, a réagi sur le réseau X (ex-Twitter) : «J’ai aimé le temps passé à OpenAI. Ça m’a transformé sur le plan personnel, mais aussi, espérons-le, ça a un peu transformé le monde.» En réaction au renvoi de Sam Altman, le président du conseil d’administration, Greg Brockman (l’un des cofondateurs de l’entreprise), a annoncé sa démission sur X alors que Microsoft avait assuré qu’il quittait ses fonctions mais restait un membre du personnel un peu plus tôt. L’entreprise est en effet financée par le géant de l’informatique, qui y a investi plusieurs milliards de dollars et qui a intégré cette technologie dans ses propres produits, comme le moteur de recherche Bing. Dans un communiqué, Microsoft a réagi à la nouvelle du départ du dirigeant : «Nous avons un partenariat de long terme avec OpenAi et Microsoft reste engagé auprès de Mira et des équipes alors que nous allons apporter une nouvelle ère de l’intelligence artificielle aux utilisateurs».

Fondée fin 2015, OpenAI a aussi pu compter dès ses débuts sur le soutien financier de prestigieux contributeurs, dont le cofondateur de LinkedIn Reid Hoffman, l’investisseur Peter Thiel ainsi qu’Elon Musk.

«Microsoft aura davantage de contrôle»

«Altman viré en tant que patron d’OpenAI, c’est un choc mais, au bout du compte, Microsoft aura simplement davantage de contrôle sur la situation étant donné sa participation» dans le capital de l’entreprise, a publié sur X l’analyste de Wedbush Dan Ives. Il «a été crucial pour guider la plateforme où elle est mais le fait qu’il ne soit plus là engendre peu d’inquiétudes pour l’avenir», a-t-il ajouté. «Il y a un an, ça aurait été différent».

Depuis la mise en ligne de la première version de ChatGPT le 30 novembre 2022, des millions de personnes s’en servent pour rédiger des messages, demander une recette de cuisine ou inventer une histoire à raconter à leurs enfants – que le robot conversationnel peut ensuite leur lire.

Le lancement de ChatGPT a donné le coup d’envoi à une course dans l’intelligence artificielle, mettant en concurrence des géants comme Amazon, Google, Microsoft et Meta. Largement considérée comme une révolution comparable à l’avènement d’internet, l’IA générative permet de produire textes, lignes de code, images et sons sur simple requête en langage courant.

Malgré leur succès, ChatGPT et les autres interfaces de ce type suscitent aussi de fortes inquiétudes au sujet des dangers pour la démocratie (désinformation massive) ou l’emploi (professions remplacées), notamment. «Au fur et à mesure que l’intelligence [artificielle] sera intégrée partout, nous aurons tous des superpouvoirs à la demande», promettait Sam Altman lors d’une conférence jeudi, à la veille de son renvoi d’OpenAI.

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