Longtemps, Franklin Peter, 31 ans, a joué un rôle dans ses amitiés masculines : celui qu’on attendait de lui dans une société patriarcale. «Jusqu’à la fin de mes études, mes amitiés avec les hommes manquaient souvent de bienveillance, analyse-t-il. On nous avait appris la compétition plutôt que l’écoute, et j’ai dû adopter ces codes pour être accepté.» Diplômé d’une école d’art et de commerce, il a peu à peu pris conscience de ces dynamiques, au fil de ses lectures et d’échanges avec des femmes de son entourage. A mesure que ses convictions proféministes se sont affirmées, ses anciennes amitiés – qu’il qualifie de «superficielles» – se sont étiolées. «T’es passé dans l’autre camp, t’es contre nous maintenant», lui a-t-on lancé un jour, alors qu’il tentait d’ouvrir le dialogue sur les questions de genre.
Si certaines portes se sont fermées, d’autres se sont ouvertes, comme avec son témoin de mariage. Un jour, il lui a confié avoir l’impression de davantage s’investir dans leur relation. «Je me suis ouvert sur ce qui me faisait souffrir. Depuis, notre amitié me semble plus équilibrée, plus apaisée», se satisfait-il.
Aujourd’hui, l’entrepreneur social compte trois «compagnons de vie» à qui se confier sans masque. Pourtant, certains réflexes persistent. Après




