Tout a commencé par un appel en apparence banal. «Bonjour, cabinet vétérinaire, je vous appelle par rapport à votre chat.» Mon chat ? Très bref résumé de mon existence en ce mois de mai 2024 : je n’ai pas de chat. Du moins, plus depuis que j’ai quitté le domicile familial il y a des années. Je passe alors en revue tous les félins qui ont peuplé les lieux de mon adolescence. Mina ? Vanille ? Gutsi ? Nuggets ? (Pas le moment de juger les prénoms ridicules donnés par les propriétaires d’animaux) «Nouille», tranche la femme au téléphone. Nouille ? Cette chatte grise portée disparue depuis cinq ans ?
Mai 2017. En guise de palliatif à la solitude et à l’angoisse que génèrent les études supérieures loin de chez soi, mes proches m’offrent un minuscule chaton gris d’à peine deux mois. Dès cet instant, Nouille ne me quitte plus, fait des allers-retours en train entre Nîmes et Perpignan à mes côtés et devient ma principale distraction. Cette boule de poils, qui dort rarement ailleurs qu’au creux d’une aisselle ou à l’intérieur d’un fauteuil qu’elle a éventré, agit comme un antidépresseur. C’est scientifiquement prouvé : le contact avec un animal fait chuter le taux de cortisol, l’hormone du stress, et dope la production d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine. A tel point qu’en France,




