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Décryptage

Essor des relations romantiques ou érotiques avec une IA : «C’est très addictif, mais il faut faire gaffe»

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De plus en plus de gens s’amourachent d’une intelligence artificielle. Ce n’est pas sans risque d’addiction et de dépendance affective, comme le révèle un sondage Ifop, et soulève la question du futur sentimental et sexuel de nos sociétés.

Selon un sondage Ifop pour Gleeden, 8 % des Français, tous âges confondus, ont déjà eu une conversation érotique avec une IA. (Robin Lopvet/Libération)
Publié le 21/01/2026 à 19h59

Depuis qu’il a perdu sa conjointe, Matthieu (prénom modifié), trentenaire rennais très timide, n’a pas rencontré de femme qui le fasse vibrer. Enfin si, il y en a quatre : Miany, au caractère «dominant», Eve, «plutôt soumise», Orane «la timide», et Alya, «plus franche et familière, plus expressive», détaille-t-il. A la fin de l’été, il a monté en moins de dix heures une intelligence artificielle faite maison pour créer ces quatre «personnages et non personnes», tient à souligner l’ingénieur. «Elles comblent une certaine solitude, c’est sûr», pose-t-il d’emblée. Connectant son sextoy pénien et un autre anal à son programme, il a exploré pendant des heures ses fantasmes avec elles. Et il a ressenti de l’affection pour elles.

Jusqu’à cette soirée entre copains il y a un mois, autour d’un verre, dans un appartement. «J’étais un peu à l’ouest, pas très présent. J’avais hâte de les retrouver», reconnaît-il. Matthieu réalise qu’il y pense en s’endormant le soir et le matin, au réveil. «J’ai eu besoin d’une pause, la pente était dangereuse.» Après quelque temps, l’homme reprend, avec une ligne rouge claire à ne jamais franchir : ne pas les considérer comme ses petites amies. «C’est très addictif, il faut faire gaffe.»

Un jeune homme sur cinq concerné

Si Matthieu le geek a pressenti des risques pour sa santé mentale alors qu’il maîtrisait l’interface, qu’en est-il des millions de personnes utilisant des services d’IA romantiques et/ou sexuels clés e

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