Chaque semaine dans «les 400 culs», Agnès Giard, anthropologue rattachée à l’université de Paris-Nanterre, spécialiste du Japon, passe les discours et les pratiques sexuelles contemporaines au crible d’une analyse sceptique et distanciée, nourrie par les dernières recherches en sciences humaines et sociales.
Parlant d’une camarade de classe, un lycéen s’exclame : «Elle ? Boulot.» Comment comprendre cette phrase ? «Cela peut signifier qu’il est intéressé», explique Anne Gensane. Spécialiste de sociolinguistique et de lexicologie, la chercheuse vivant à Arras, âgée de 34 ans, se régale des expressions cryptées que les ados s’échangent d’un air entendu. Plus leur langage déroge aux normes, plus Anne Gensane s’y intéresse.
Depuis décembre 2025, elle co-gère un groupe de recherches inédit (au sein du réseau Eneoli) spécialisé dans la néologie argotique. La production de mots nouveaux s’accélère sous l’influence des réseaux et du rap. Ce flux d’expressions nouvelles permet aux jeunes de «gérer la pression sociale», ainsi qu’Anne Gensane l’explique. Dans l’ouvrage qu’elle dirige –




