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Les 400 culs

«Faire un boulot», «faire des bails», «mon pain» : ce que l’argot sexuel dit des jeunes hommes

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La linguiste Anne Gensane, «argotologue», observe depuis dix ans les mots du sexe des lycéens, notamment des quartiers populaires. Selon la chercheuse, ce vocable illustre l’ambivalence du rapport au désir, souvent tourné en dérision.

Dans le quartier de la Défense, près de Paris, en 2014. (Raphaël FOURNIER)
Publié le 31/01/2026 à 13h17

Chaque semaine dans «les 400 culs», Agnès Giard, anthropologue rattachée à l’université de Paris-Nanterre, spécialiste du Japon, passe les discours et les pratiques sexuelles contemporaines au crible d’une analyse sceptique et distanciée, nourrie par les dernières recherches en sciences humaines et sociales.

Parlant d’une camarade de classe, un lycéen s’exclame : «Elle ? Boulot.» Comment comprendre cette phrase ? «Cela peut signifier qu’il est intéressé», explique Anne Gensane. Spécialiste de sociolinguistique et de lexicologie, la chercheuse vivant à Arras, âgée de 34 ans, se régale des expressions cryptées que les ados s’échangent d’un air entendu. Plus leur langage déroge aux normes, plus Anne Gensane s’y intéresse.

Depuis décembre 2025, elle co-gère un groupe de recherches inédit (au sein du réseau Eneoli) spécialisé dans la néologie argotique. La production de mots nouveaux s’accélère sous l’influence des réseaux et du rap. Ce flux d’expressions nouvelles permet aux jeunes de «gérer la pression sociale», ainsi qu’Anne Gensane l’explique. Dans l’ouvrage qu’elle dirige –

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