«En surcharge, tout devient trop intense.» Sur les réseaux sociaux, les vidéos s’ouvrent souvent de la même façon. Une musique émouvante. Un sous-texte évocateur. A l’écran, un visage qui regarde la caméra intensément. Puis les listes défilent. «Tu as une grande empathie.» «Tu pleures facilement.» «Les bruits te fatiguent.» «Tu es indécis.» «Tu te sens vite submergé.» Et enfin le mot revient : «Hypersensible.» On trouve 350 000 publications sous ce hashtag sur Instagram, rassemblant des mèmes amusants, des carrousels pastels pour t’aider à «survivre aux fêtes», ou encore des réels conseillant «les meilleurs métiers». A l’origine pourtant, cela n’a rien d’un phénomène viral. Le terme hypersensible apparaît en 1997 avec la publication du livre The Highly Sensitive Person de la psychologue américaine Elaine Aron. Il désigne alors une capacité à percevoir et ressentir plus intensément : émotions, sons, textures, interactions sociales. Trente ans ont passé : l’expression circule désormais partout.
Derrière ce succès, une réalité s’impose : des personnes vivent effectivement le monde avec une intensité émotionnelle, sensorielle ou cognitive particulière. Ce que la science, sans toujours employer le même vocabulaire, commence à documenter.
Situations extrêmement hétérogènes
«Le problème, ce n’est pas que l’hypersensibilité n’existe pas, c’est qu’on ne sait pas exactement de quoi on parle», explique le psychologue et psychanalyste Kevin Hiridjee. Le mot ne renvoie en effet à aucune ca




