Chaque semaine dans «les 400 culs», Agnès Giard, anthropologue rattachée à l’université de Paris Nanterre, spécialiste du Japon, passe les discours et les pratiques sexuelles contemporaines au crible d’une analyse sceptique et distanciée, nourrie par les dernières recherches en sciences humaines et sociales.
«Mes fesses ont fondu.» Agé de 75 ans, tremblant un peu sur ses maigres jambes, Andy Huggins tourne le dos au public, en s’aidant de sa canne, pour preuve : «La dernière fois que j’ai dit “Baise mon cul”, on m’a demandé “Où ça ?”» Les plaisanteries paillardes du comique américain enregistrent des records d’audience sur les réseaux sociaux. Signe d’un changement : ceux et celles qui atteignent maintenant les 70 ans ne font plus profil bas comme leurs parents. Ils parlent de leur vie intime, se moquent du regard des autres et, au besoin, jouent la provoc.
Normal : «Ils sont nés entre les années 1950 et 1960. C’est leur génération qui a conquis les droits dont nous “jouissons” littéralement : contraception, dépénalisation des sextoys, avortement, accès libre à la pornographie, décriminalisation de l’homosexualité…» Interviewé au téléphone, Marc Lemonier, alias Marc Dannam, s’exprime avec une pointe de fierté : né en septembre 1955, il revendique son âge (70 ans), comme une sorte de couronnement : «J’appartiens à la première géné




