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Interview

«Les bi ont un vécu spécifique et ne pas s’adresser à eux directement les rend plus vulnérables»

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Avec son livre «Embrasser la bisexualité», la journaliste Camille Teste revient sur les conséquences concrètes de l’invisibilisation et des clichés tenaces qui entraînent souvent un isolement, même au sein de la communauté queer.

A la marche des fiertés de Paris, le 28 juin. (Valerie Dubois/Hans Lucas. AFP)
Publié le 29/11/2025 à 8h49

«A voile et à vapeur», «bique et bouc», «à poil et à plume»… Les expressions pour désigner la bisexualité sont plus nombreuses que le nombre d’ouvrages parus en français sur le sujet ces vingt dernières années. Un retard que s’emploie à rattraper la journaliste et autrice Camille Teste dans son ouvrage Embrasser la bisexualité, sorti le 14 novembre aux éditions les Renversantes.

Dans les années 80, les bisexuels ont été considérés comme des «chevaux de Troie» de l’épidémie de VIH. Pourquoi ?

La psychose collective était entretenue par les médias. En 1987, on lit dans le New York Times des récits de femmes terrifiées à l’idée d’avoir été infectées après avoir couché avec des hommes bi dans un article intitulé «Sida, ce qui menace les femmes : l’homme bisexuel». En 1989, l’édition américaine de Cosmopolitan aide ses lectrices à déterminer si un partenaire est secrètement bisexuel. Cette stigmatisation touche aussi les femmes bi. Leur présence inquiète certaines communautés lesbiennes.

On sait depuis qu’il existait plein d’autres manières de passer le VIH, notamment l’injection de drogue. Mais ce stéréotype de «nid à

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