Le dimanche soir est rarement synonyme d’excitation. Sauf peut-être pour Julie (1). Chaque dimanche depuis deux mois, cette Parisienne de 35 ans travaillant dans l’édition retrouve Matthieu, autre célibataire matché sur l’application de rencontre Bumble. Pendant des heures, ils parlent de sexualité, mais aussi du quotidien, de leur vie intime, des séparations qu’ils ont traversées, des «déconvenues» sur les apps. Ils se chauffent, explorent leurs «kinks», comme la domination-soumission, les jeux avec la salive, le sperme… Est-ce un bon amant ? Julie ne saurait dire. Elle ne l’a jamais rencontré «en vrai» et ne compte pas le faire. Tout se passe à distance, par messages, vocaux et photos. «C’est assez fascinant de rentrer à ce point dans une intimité avec quelqu’un qu’on ne connaît finalement pas, reconnaît-elle. L’imaginaire a souvent plus de force que le réel.»
Sextoter sans sexer, quelle idée, balance un utilisateur. «C’est comme s’entraîner au marathon pour le regarder depuis son canapé !» Pourtant, des femmes comme des hommes se




