Plus personne ne croit que «la masturbation rende sourd». L’idée selon laquelle «la masturbation provoque un déficit de testostérone» semble en revanche très partagée sur les réseaux sociaux, incitant de nombreux hommes à se priver de tout plaisir solitaire. En anglais, fap signifie «s’astiquer», par allusion au bruit d’une main qui va et vient, «fap fap», en accélérant. Sur TikTok, le hashtag #Nofap («pas de masturbation») est associé à près de 92 000 publications. Pour le docteur Philippe Brenot, auteur du livre Eloge de la masturbation (récemment réédité aux éditions La Musardine), il y a là comme un retour en arrière, du côté des vieux démons de l’inquisition sexuelle. «Dans l’inconscient collectif, les préjugés contre la masturbation restent tenaces», explique-t-il à Libération. Ainsi qu’il le suggère, le mouvement «Nofap» n’est jamais, au XXIe siècle, qu’une nouvelle version de la chasse aux sorcières qui fut menée à travers l’Europe contre les délinquants du sexe, entre la seconde moitié du XVIIIe siècle et les années 1950.
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#Nofap ou comment diaboliser la masturbation au XXIe siècle
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«Perte de testostérone», «perte de virilité»... Les arguments utilisés par le mouvement qui incite sur les réseaux sociaux les hommes à stopper la masturbation évoquent l’anathème jeté, au XIXe siècle, contre le «péché de mollesse». Faut-il voir là un retour du puritanisme ?
Sur TikTok, le hashtag #Nofap («pas de masturbation») est associé à près de 92 000 publications. (Ildar Abulkhanov/Getty Images)
ParAgnès Giard
Publié le 06/04/2024 à 8h24
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