Dans le film Eyjafjallajökull (2013) d’Alexandre Coffre, Alain et Valérie, époux fraîchement divorcés, n’ont qu’un objectif : se rendre au mariage de leur fille en Islande. Sur le papier, un effort de parents responsables. A l’écran, une succession de crasses jubilatoires : ils se sabotent leurs vols, se volent leurs affaires, se détestent avec une inventivité presque enfantine. Chaque interaction est un champ de bataille. Longtemps, le cinéma a nourri cette idée-là : une rupture serait forcément synonyme de chaos, de rancœur ou, au mieux, d’un silence définitif. Pourtant, certains tentent une autre voie : transformer la rupture en relation apaisée, parfois en amitié. Une pratique minoritaire, mais dont la perception a nettement changé.
D’après une étude menée par YouGov auprès des Américains de 18-34 ans en 2022, plus d’une personne sur trois se dit amie avec au moins un ex. Tous âges confondus, la question d’avoir un partenaire ami avec un de ses ex divise : 40 % sont contre et 41 % pour.
Sur les réseaux sociaux, cette évolution se donne aussi à voir dans les usages et les discours. Sur TikTok et Instagram, la trend «green flag-red flag» – ces vidéos où l’on liste les bons et les mauvais signaux à repérer chez un potentiel partenaire – sert de baromètre des nouvelles normes relationnelles. Être ami avec ses ex y apparaît régulièrem




