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Libération
Le billet de Florian Bardou

Oui, le patinage artistique est de plus en plus gay (et c’est tant mieux)

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Des patineurs ouvertement homosexuels, des performances toutes aussi fières… En 2026, à Milan-Cortina, la glace laisse s’exprimer d’autres formes de masculinité malgré l’homophobie. Des modèles inspirants pour les jeunes patineurs dans le placard.

Le patineur français Kevin Aymoz, 28 ans, à Milan le 5 février. (Piroschka Van De Wouw/REUTERS)
Publié aujourd'hui à 15h44

«Le patinage est gay. Le patinage est fier. Je suis désolé.» La sentence de Kevin Aymoz, 28 ans, prononcée avec une assurance folle, dit tout du petit vent de libération qui souffle ces dernières années sur la glace. Le patineur français, ouvertement homo depuis son coming out en 2021, juste avant ses premiers Jeux d’hiver à Pékin, accorde alors une interview vidéo à la drag queen Tabi Stone pour le magazine Têtu depuis Grenoble. On est à quelques jours de l’ouverture des JO de Milan-Cortina.

Sans complexes, le vainqueur d’une manche de Grand Prix sur le Boléro de Ravel, en novembre aux Etats-Unis, témoigne de la chape de plomb qui a longtemps pesé sur les épaules des compétiteurs qui ne rentrent pas dans la norme sexuelle ou de genre. «C’était assez dur quand j’étais petit. Quand j’ai grandi dans le patinage, il y avait un esprit hétéro qui s’est installé, et il y avait tous ces autres garçons qui disaient “c’est pas un sport de pédé, c’est pas un sport de tapettes”. Pour réduire du coup toutes les personnes LGBT à quelque chose de fragile, de pas puissant et qui ne peut pas performer», décrit le septuple champion de France, victime de l’homophobie en ligne encore aujourd’hui, en 2026.

Encore, sur la masculinité imposée dans son sport : «J’avais beaucoup de colère en moi car je ne pouvais pas exprimer la personne que j’étais. On devait se forcer à être quelqu’un de solide, un bonhomme.» L’Isérois multimédaillé, attendu c

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