Chaque semaine dans «les 400 culs», Agnès Giard, anthropologue rattachée à l’université de Paris-Nanterre, spécialiste du Japon, passe les discours et les pratiques sexuelles contemporaines au crible d’une analyse sceptique et distanciée, nourrie par les dernières recherches en sciences humaines et sociales.
De quoi rions-nous ? Traducteur des comédies de Shakespeare, auteur du livre le Rire des mortels sous-titré Traité d’hilaristique, Jean-Marc Lanteri défend une idée dérangeante : en Occident, le rire a pour origine une castration symbolique. «La comédie est une fête, explique-t‑il à Libé. Elle célèbre la fécondité – mais par le biais d’un symbole phallique saillant, visible et… ridicule.» Pour lui, la comédie célèbre moins la virilité que son renversement – une mise en scène où le phallus, exhibé comme trophée, se détache de son propriétaire. Et pour cause : «L’étymologie même du mot comédie (komos) renvoie aux processions phalliques.» Sa théorie s’appuie sur un spectacle connu dans la Grèce antique : celui de buveurs en liesse, fêtant le dieu Komos (le dieu des excès), en formant des cortèges obscènes.
Sources d’hilarité, les «membres» de ces cortèges brandissent des prothèses génitales. Les pénis qu’ils exhibent sont «détachés de l’anatomie humaine», remarque Lanteri qui constate le rapport d’analogie frappant entre ces dé




