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Peluches

Réparatrices de doudous : «J’accède à l’enfant intérieur de chacun de mes clients»

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Comme d’autres passionnés d’objets transitionnels, Salomé Grangette et Léa Lavignette proposent la restauration de peluches ou de poupées et reçoivent des demandes de toute la France. Un métier précaire, mais passionnant, qui les plonge au cœur de l’intimité de ceux qu’elles aident.

«On va pouvoir procéder à l’anesthésie», annonce la docteure de doudous Salomé Grangette dans son atelier des Indémoussables dans la Creuse. (cap'taineazelie/Les Indemoussables)
Publié le 12/02/2026 à 12h56

Salomé Grangette filme les opérations de ses patients. Aujourd’hui, l’un d’eux a perdu un œil. «On va pouvoir procéder à l’anesthésie, commente la jeune femme, une fausse seringue à la main. Il faut retrouver le trou de l’œil, puis rouvrir un peu plus large pour passer le nouveau globe. Et enfin, on referme la plaie avec le nouvel œil.» Pécan, le petit lapin, a retrouvé son regard. Nouvelle opération réussie pour celle qui répare les doudous en tissu ou en plastique depuis cinq ans dans sa clinique des Indémoussables, dans la Creuse.

«Je suis ma première cliente, sourit la jeune femme de 35 ans, suivie par 10 000 abonnés sur Instagram. Si ma maison prend feu, je prends ma peluche avec moi. Là d’où je viens, les doudous sont des membres de la famille à part entière, à qui l’on fait vivre des aventures.» Cette passion lui vient, dit-elle, de sa grand-mère paternelle, couturière de formation, qui réparait sa peluche lorsqu’elle était enfant. La même grand-mère qui, lorsque les Allemands débarquent dans la Creuse pour traquer les maquisards pendant la Seconde Guerre mondiale, blottit son doudou contre elle, avant d’en offrir à ses enfants, plus tard, pour chasser les vents mauvais.

«Du travail pour les six prochains mois»

Il y a cinq ans, Salomé Grangette commence à son tour à réparer les peluches entreposées da

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