Salomé Grangette filme les opérations de ses patients. Aujourd’hui, l’un d’eux a perdu un œil. «On va pouvoir procéder à l’anesthésie, commente la jeune femme, une fausse seringue à la main. Il faut retrouver le trou de l’œil, puis rouvrir un peu plus large pour passer le nouveau globe. Et enfin, on referme la plaie avec le nouvel œil.» Pécan, le petit lapin, a retrouvé son regard. Nouvelle opération réussie pour celle qui répare les doudous en tissu ou en plastique depuis cinq ans dans sa clinique des Indémoussables, dans la Creuse.
«Je suis ma première cliente, sourit la jeune femme de 35 ans, suivie par 10 000 abonnés sur Instagram. Si ma maison prend feu, je prends ma peluche avec moi. Là d’où je viens, les doudous sont des membres de la famille à part entière, à qui l’on fait vivre des aventures.» Cette passion lui vient, dit-elle, de sa grand-mère paternelle, couturière de formation, qui réparait sa peluche lorsqu’elle était enfant. La même grand-mère qui, lorsque les Allemands débarquent dans la Creuse pour traquer les maquisards pendant la Seconde Guerre mondiale, blottit son doudou contre elle, avant d’en offrir à ses enfants, plus tard, pour chasser les vents mauvais.
«Du travail pour les six prochains mois»
Il y a cinq ans, Salomé Grangette commence à son tour à réparer les peluches entreposées da




