L’habit fait-il le militant ? Il est en tout cas un moyen, en politique, de faire passer des messages voire de casser des codes. On se rappelle le scandale qu’avait provoqué en 1985 le ministre de la Culture Jack Lang en se présentant à l’Assemblée nationale en veste Thierry Mugler à col Mao, sous laquelle était dissimulée sa cravate (les hommes sont tenus, en principe, de montrer «cravate blanche» afin de pénétrer dans l’hémicycle), provoquant l’ire de l’opposition. Douze ans plus tard, c’est l’ouvrier et député communiste de l’Oise Patrice Carvalho qui se rendait au Palais-Bourbon en bleu de travail – un épisode si marquant qu’il a été adapté dans la série Baron noir. En 2017, les députés de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, Bastien Lachaud, Alexis Corbière et François Ruffin ont eux boycotté, momentanément, la cravate à l’Assemblée.
L’exploitation politique du vêtement n’est pas réservée à la gauche. Ces jours-ci, alors que le gouvernement s’apprêtait à présenter son plan de sobriété énergétique, il semble s’être passé le mot : le dress code devant les caméras, c’est col roulé, porté par Bruno Le Maire – lequel était déjà apparu en bras de chemise cet été pour inciter à couper la clim – puis par Emmanuel Macron. La manœuvre, destinée à inciter chacun à baisser le chauffage, a ceci de risible que, pour montrer




